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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 06:12

Billie

 

Anna Gavalda est enfin de retour après l’Echappée  belle publié en 2009. Son nouveau livre s’intitule «  Billie ».


Billie est une jeune femme issue d’un milieu  défavorisé, meurtrie par la vie. Franck est un jeune homme issu d’une famille bien comme il faut mais voila, le Fracnky il est rêveur et homo...

 

Ces deux estropiés de la vie vont se rencontrer  au lycée autour du livre de Musset,  "On ne badine pas avec l’amour". Le roman d’Anna Gavalda est le récit de leur rencontre (et de leur vie ) fait par Billie à une étoile, lors d’une randonnée en Lozère qui tourne mal…

 

Billie dit ceci en parlant de Camille, l’héroïne de Musset : «  Je savais que les bonnes sœurs lui avaient lessivé le cerveau et que ça l’arrangeait bien parce qu’elle avait les jetons de sauter dans le vide. Je savais qu’elle se laissait bouffer par son orgueil et qu’elle allait en chier toute sa vie à cause de son entêtement de pureté à la con ».

Il y a aussi un gros clin d’œil à Stevenson avec l’âne en couverture, étant donné que le récit se passe dans les Cévennes.

 

Hé bien comment dire ? Il dépote grave le nouveau Gavalda. Visiblement, la forme et le style d’écriture ne plaisent pas beaucoup aux critiques. Le récit de Billie est teinté de cris, de grossièretés, de langage jeune, de mots inventés…et cela peut surprendre quand on a lu les précédents livres de la romancière.

 

Mais non seulement cette forme donne une pêche et un rythme particulier au livre, mais encore, comme dans beaucoup de ses livres précédents, Anna Gavalda fait le portrait d’êtres humains en souffrance, que tout sépare et que tout rapproche. C’est toujours cette idée de différence, de respect des différences, d’affirmation de soi et de tolérance qui  constitue le fond de l’histoire.

«  Je ne veux plus jamais continuer à me faire croire que je suis autre chose que moi-même »


Et puis, c’est un livre jubilatoire, Anne Gavalda se lâche, se met en rogne contre certains aspects de notre société, elle balance et son livre a même un petit coté engagé et la fin du livre rejoint l’actualité de ces derniers mois.

Billie est aussi une charge assez féroce sur  les petites villes de province, les ruraux,  les bobos,  les parisiens, chacun en prend pour son grade.

 

Billie parle de son village d’origine ainsi : «  C’est un bout de la  France qui n’est plus irrigué par rien depuis  trop longtemps et qui se gangrène à force. Oui, qui se putréfie…Qui n’en finit pas de crever…Un pays ou les bonnes gens boivent trop, fument trop, croient trop en la Française des jeux et passent trop leur misère sur leur famille et leurs animaux. Un monde où tout le monde se suicide comme ça : à  feu doux. A les entendre, le malaise des jeunes, c’est toujours dans les banlieues que ça se passe, mais à la campagne, ma bonne dame, c’est pas facile tous les jours vous savez ! Nous, pour brûler des voitures, y faudrait déjà qu’on en voit passer une. La campagne, quand t’es pas comme tout le monde, c’est encore pire que l’indifférence ».


C’est encore plus féroce vis à vis de la famille, des parents, des voleurs d’enfance… : « Et puis un jour, les choses ont bougé. Un jour et sans le faire exprès bien sûr, mon père s’est enfin bien comporté avec moi : il est mort. ».


C’est une revanche pour tous ceux qui pour x ou y raisons ont eu une enfance gâchée et une vie difficile pendant leur jeunesse.

 

Je crois qu’Anna Gavalda  a dû écrire ses mots comme une libération,  avec frénésie et fureur. Elle a passé sa rage à travers sa Billie qui apostrophe son étoile  «  Je ne regrette rien et ne regretterai jamais rien dans la vie parce qu’on ma déjà chouré un trop gros bout. Et un qui était censé être joli en plus…Donc ne compte pas sur moi pour te lécher le plasma. Je ne saurais pas faire. Je ne l’ai jamais fait. Quand on me colle au mur, je préfère prendre un fusil ou taper dur. Je n’en suis pas fière, mais voilà…je suis comme ça et je sais déjà que je ne changerai pas. Depuis ma naissance je ne tiens que par ma volonté de tenir et le premier qui touche à mes tuteurs, si fragiles soient-ils, je le démolis ».


Et  là où elle est forte, c’est qu’elle se met en danger en tant qu’écrivain car elle risquait  de décevoir ses lecteurs avec un tel type de récit. Je ne sais pas ce qu’il en sera mais j’ai vraiment kiffé ce livre.

 

La seule chose qui m’a fait sourire, c’est que les références supposées "djeunes" dans la bouche de Billie sont déjà un peu périmées…je les connaissais toutes, or je suis déjà un ringard...

 

S’il vous plait, Anna, va falloir attendre encore  quatre ans pour votre prochain livre ?

 

 

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

somaja1 02/11/2013 12:39


Il n'st pas dans mes priorités, mais j'aibeaucoup aimé ses romans précédents, alors celui-ci y passera aussi. Tu as raison sur le langage qu'il est difficile de rendre juste quand on fait parler
un personneage qui est loin de ce qu'on est. Pas facile de faire "vrai". justement dans ses autres romans, je trouve qu'elle a le sens du dialogue et des mots qui sonnent juste. Peut-être que le
changement de ton dans celui-ci lui convient moins bien. Mais qu'un écrivain évolue et aille voir un peu ailleurs, c'est plutôt pas mal. Bises

Mind The Gap 03/11/2013 12:00



Je suis d'accord avec toi, la fome a changé mais pas le fond, tu y retrouvera l'âme des romans d'Anna Gavalda!



Valentyne 30/10/2013 13:45


j'ai beaucoup aimé le ton d'Anna Gavalda


Je l'ai lu presque d'une traite ;-)


beaucoup d'émotion, du rire et du suspens ...une recette qui a fonctionné pour ma part ;-)


Bonne journée Mind

Mind The Gap 30/10/2013 16:06



Je suis ravi de le savoir Val, le livre a dû te faire un ou deux aller-retour dans les transports en commun, il se lit très vite. Oui elle a changé la forme et le style le temps de cette histoire
un peu déjantée et rafraichissante ! Un vrai ^plaisir pour moi aussi ! Bises et belle fin de journée !



Jeanne 30/10/2013 09:55


Bravo pour ta réponse aux critiques dans le précédent billet , c'est justifié


Les auteurs qui vendent beaucoup dérangent , c'est ainsi


Pas simple d'écrire en utilisant un vocabulaire loin du notre , j'en serais tout simplement incapable , il faut vivre et s'imprégner des mots , sans tomber dans l'accès , l'exercice est périlleux


ta critique donne envie en tout cas


A l'origine "l'échappée belle " est sorti en 2001 , puis réédité en 2009


Anna Gavalda a aussi fait des nouvelles en literrature jeunesse

Mind The Gap 30/10/2013 13:36



Oui elle a tranformé sa nouvelle de 2001 en roman en 2009. Je ne suis pas tenté par ses livres jeunesse mais c'est au auteur actuel qui compte et tant mieux si elle a rencontré un large public!
Bises !



seia 29/10/2013 12:05


j'hésitais, je vais donc m'atteler à le lire ... merci du tuyau!

Mind The Gap 30/10/2013 08:09



Oh oui alors, c'est un livre assez jubilatoire !



Soène 28/10/2013 14:00


Et bien, ta réponse à mon com est plutôt salée, Mindounet...
J'en prends plein la tête...
J'espère que nous continuerons de partager nos réflexions, nos rires et nos coups d'épée, comme de fidèles mousquetaires


Sans rancune ! bisous de ma tour♥♥♥

Mind The Gap 28/10/2013 14:26



Oui peut être un peu trop salée ma réponse mais au moins tu écris ce que tu penses vraiment et moi aussi, et disons que je suis d'une humeur pas toujours linéaire, le blog suit notre quotidien et
je ne force pas.


Alors pour ma part aussi, je souhaite continuer nos échanges.


Ce que je veux dire par rapport aux a piori c'est ceci : les choses ne sont jamais blanches ou noires, c'est très rare quand c'est comme ça.


Prenons Michel Sardou : il a écrit et chanté des titres qui effectivement peuvent laisser penser que c'est un facho, un arriéré et un abruti  totalement nsensible  Tu peux t'arrêter là
et dire Sardou est un vieux con de facho. Cela  c'est un a priori.


Mais alors tu passes à coté du Fauteuil où il parle de son père avec beaucoup de sensibilité, tu passes a coté de la Fille aux yeux Clairs (qui donne presque des frissons)  de la maladie
damour, de la Rivière de notre enfance et de Ja vais t'aimer.


Pour Anna Gavalda c'est la même chose. Soit tu considères que parce qu'elle parle d'un sujet d'actualité et qu'elle va dans la facilité du langage c'est un auteur qui vend de la soupe . A priori.
Et tu rates La Consolante ou Ensemble c'est tout...et tu te comportes comme Jérôme Garçin dans sa chronique : C'est Anna Gavalda, elle dit des grossièreté, elle utilise du verlan et elle parle de
personnes qui ne sont pas dans la norme  alors c'est du caca...


Bisous et sans rancune également !


 


 


 


 



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