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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 00:12

jane

Après la dernière adaptation cinématographique très réussie du roman dont j’ai déjà parlé ici, j’ai enfin lu Jane Eyre de Charlotte Brontë.

Ce livre fut publié en 1847 sous un pseudonyme  et rencontra un succès immédiat au point de faciliter la publication la même années des ouvrages d’Emily et Anne Brontë.

 

L’histoire raconte le destin romanesque et dramatique d’une jeune orpheline, Jane Eyre, de son enfance douloureuse à sa rencontre avec Rochester, le maître ténébreux chez lequel Jane exerce le métier de gouvernante au manoir de Thornfield. De cette rencontre naîtra une histoire d’amour tourmentée par les contraintes morales de l’époque et par un sombre secret hantant le manoir…Je n’en dis pas plus sur l’histoire que la plupart d’entre vous connaissent déjà.

 

Jane dit ceci page 297 : «  Je n’exerçais plus aucun empire sur mes paupières ; elles se soulevaient d’elles-mêmes et mes prunelles se fixaient sur lui. Je le regardais…et j’éprouvais à le regarder un plaisir immense…un plaisir précieux et en même temps poignant ; de l’or pur, mais avec une pointe acérée de souffrance ; un plaisir comme en pourrait éprouver l’homme mourrant de soif, qui sait que le puits vers lequel il s’est traîné est empoisonné , mais, qui se penche pourtant et avale de grisantes gorgées d’eau ».

 

Hé bien quel livre, quel auteur, je crois que Charlotte Brontë a signé ici l’un des plus belles histoires d’amour de la littérature romanesque. Il n’y  a pas le coté terrifiant et passionnel maléfique que l’on retrouve dans les Hauts de Hurlevent mais il y a dans Jane Eyre un amour évident entre  deux êtres que tout semble opposer.

 

Au sujet d’un marronnier du jardin du manoir fendu  en deux morceaux par la foudre mais toujours enraciné dans la terre, Jane dit ceci page 465 : «  Vous avez bien fait de vous cramponner l’un à l’autre, dis-je, comme si ces éclats géants étaient des êtres vivants et pouvaient m’entendre. Il me semble que si meurtris que vous soyez, si noircis et calcinés, il doit exister encore en vous un certain sentiment de vie, né de cet attachement aux racines fidèles et honnêtes. Jamais plus vous n’aurez de feuilles vertes, jamais plus vous ne verrez les oiseaux faire leurs nids et chanter leurs idylles dans vos branches ; le temps du plaisir et de l’amour est fini pour vous ; mais vous n’êtes pas dans la désolation ; chacun de vous a un compagnon qui peut lui témoigner de la sympathie dans sa déchéance ». 


Je trouve que le personnage de Jane est l’un des plus abouti et des plus forts qu’il m’ait été donné de lire. C’est le portrait d’une femme digne, droite, qui se bat pour son indépendance et sa liberté, rigide d’un point de vue des conventions religieuses et morales de l’époque mais pas intégriste au point de sacrifier son bonheur.

 

Et puis j’ai été frappé par la modernité du style de Charlotte Brontë. Son écriture est rythmée, fluide, presque cinématographique. Elle prend à partie le lecteur très souvent et crée ainsi une complicité délicieuse avec lui. On a du mal à croire que cette histoire a été publiée en 1847 tant le suspens et la progression de l’histoire sont efficaces.

 

Il n’y a que la toute fin qui m’a un peu déçue…un peu trop fleur bleue même si une autre fin eût été inenvisageable pour Jane et le lecteur.

 

En somme je suis enchanté par ce livre et par cet auteur, cette femme qui a visiblement beaucoup mis d’elle même dans cette histoire.

 

Je suis convaincu que Charlotte et Emily Brontë ont connu l’amour et la passion contrairement à ce que supposent beaucoup de commentateurs en raison de leur jeune âge et de leur éloignement relatif de la société. Mais on peut vivre dans un presbytère paumé du Yorkshire et tomber amoureuse…justement, les rencontres étant très limitées, il suffit d’une seule pour faire basculer l’existence de jeunes femmes sensibles et douées. Si cela se trouve, Rochester et Heatcliff étaient inspirés d’une seule et même personne…

 

Il me reste à découvrir Agnès Grey de la troisième sœur Brontë : Anne.

 

J’ai passé trois semaines délicieuses en lisant Jane Eyre et les 850 pages du roman m’ont accompagnées avec un grand bonheur.

 

Encore quelques mots de Charlotte:

 

"Il est vain de prétendre que les êtres humains doivent se satisfaire de la tranquillité; il leur faut du mouvement; et s'ils n'en trouvent pas, ils en créeront."

 

" La tendresse sans la raison constitue un caractère faible et impuissant, mais la raison sans la tendresse rend l’âme aigre et rude."

 

Dans mon prochain article, il sera question d'extase vernaculaire (ne cherchez pas le sens, il n'y en a pas...)

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commentaires

Soène 21/05/2013 06:34


850 pages le roman ! je comprends pourquoi ma version de 156 pages est une adaptation !!!
mais ça me suffit !!!
je traboule avec toi, ton billet est parfais !
j'ai passé pas mal de temps à retrouver cette chronique !
bises d'O.

Mind The Gap 21/05/2013 09:00



Petite astuce pour retrouver facilement un article : tu tapes " jane Eyre" sur le module "rechercher un article" et normalement il te listera tous les articles où j'en ai parlé mais ceci dit il y
en a beaucoup. Ton adaptation est pour enfant je crois, après peut être que tu auras envie de lire le roman original qui est l'un des romans les plus beaux et les plus forts jamais écrit...



somaja.over-blog.com 25/09/2012 20:21


Je plussoie à tout ce que tu écris ! Très beau billet. Alors comme ça, tu écris une thèse sur la vie sentimentale et sexuelle de soeurs Brontë ????

Mind The Gap 26/09/2012 08:47



Ha ha facile de se moquer...je n'ai aucunes connaissances sur cette époque ni historique ni littéraire  mais ceux qui disent que c'étaient de pauvres filles qui ne sont jamais sorties de
leur trou et n'ont pu tomber amoureuses se trompent à mon avis. On ne peut être amoureux d'un néant et le rendre si vivant...voila madame...et pas de rêgle sur les droits s'il te pleit...déjà
Asphodèle me frappe parfois...


Bises et merci de ton passage ici.



Sophie 20/09/2012 18:46


très bon billet...


un de mes livres préférés, avant tout pour le style, flamboyant et très moderne, comme tu le dis justement. un classique, comme on dit, et ce n'est que justice.


la fin de ton article m'a interpellée: peut-on décrire ainsi la passion amoureuse sans l'avoir vécue? réponse, comme toi: non!


 


 

Mind The Gap 21/09/2012 08:19



Je nettrai ma main à couper que les Soeurs Brontë ont eté amoureuses et pas qu'un peu, même isolées dans leur presbytère de campagne.


Merci de ton passage ici !



Asphodèle 18/09/2012 19:13


Haaaaa !!!! Ca marche !!! Je peux commenter !!!! Ce doit être l'incompétence vernaculaire d'OB qui veut ça !!! Mais quand même c'est pénible, ... Trois semaines pour le lire ? En une semaine il
était avalé et je crois que je le relirai, il est tellement dense, l'écriture riche et belle, comme tu le dis c'est un roman parfait ! Moi aussi j'ai trouvé la fin fleur bleue mais c'était
l'apanage de l'époque, comme chez Jane Austen, une fin malheureuse ne devait pas être concevable ...


Pour demain je crains le pire ! Déjà que je me fais enlever alors je préfère te prévenir : je ne sais pas quand tu me reverras !!!

Mind The Gap 19/09/2012 15:28



Heu du moment que c'est pas moi qui doit payer la rançon... Profite bien de la journée.


Quant à Jane Eyre, c'est presque le roman parfait...il y a tout ce que je peux rechercher dans un livre!


Bises!



Soène 18/09/2012 08:55


Hello Boy,


Je ne fais que passer, mes tartines m'attendent
Si j'arrive à réveiller ma marmotte de fille je vais les déguster illico !
Je lirai ton billet dès mon retour, il mérite une attention soutenue !
Ne lis pas trop pendant MES vacances, j'vais être embouteillée de billets
Et LA rencontre c'est pour demain !
On te racontera !


Bises des Sables d'O.

Mind The Gap 18/09/2012 08:59



Coucou...je suis allé une fois aux Sables...très longue et jolie plage si mes souvenirs sont bons.


Profite bien de tes congés et de la journée de demain et soyez sage, toutes les deux...je veux rien voir dans le journal local à la rubrique faits divers...hé hé !


Bises.



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