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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 06:12

gout

 

Ca y est, j’ai enfin eu un coup de cœur pour un premier roman signé Sébastien Bonnemason-Richard qui s’intitule «  Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre ». J’avais parcouru quelques extraits en librairie qui m’avaient faits grande impression et la lecture de ce très court texte m’a littéralement emballé.

 

Ce roman raconte la fuite d’un homme vers le bout le l’Ecosse pour aller retrouver une jeune femme avec qui il a vécu une passion amoureuse il y a quelques années. « Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre » raconte ce périple automobile, organisé, obsessionnel et les retrouvailles avec la jeune femme, que l’on n’imagine pas forcément heureuses, étant donné le titre du roman…

 

On sait très peu de choses sur cet homme et encore moins sur la jeune femme qui apparaît aux deux tiers du livre : «  J’explore, je suce et je ne trouve pas. J’ai beau chercher, coucher, me positionner, je ne trouve pas d’équivalent à toi. Je pourrais te le dire, ça, qu’il n’y a pas d’équivalent à toi, que je le pose comme un fait, indéniable. Je suis une scientifique qui a délaissé la théorie pour la pratique. A force de pratique, on peut affirmer, certifier, mettre dans un dictionnaire, à jamais. Et tu m’aimeras à nouveau quand je te l’aurai dit. Je consacrerai le reste de ma vie à parcourir le monde pour dire à tout le monde que je t’ai trouvé, que j’ai eu le privilège de ta découverte, que j’en suis le dépositaire ».


Sébastien Bonnemason-Richard  raconte une histoire implacable, la passion jusqu’à la folie en quelque sorte, ses mots sont maîtrisés, secs, puissants. Il parle d’amour sans mettre de sentimentalité dans ses propos, c’est bluffant. Ses mots brûlants glacent le lecteur.

 

Il casse  les codes, ose  dans le politiquement  incorrect, c’est un auteur libre : lorsque son personnage évoque ses voisins de pallier avant sa fuite, il dit ceci : «  Parce qu’il faut la comprendre la mamie… les sept gosses commencent à peine à être propres  qu’il faut torcher papi qui est en âge de s’oublier un peu. Un retour à la case départ, la vie comme une roue, l’itération qui se mord la queue. Vous me direz que ce n’est qu’un format de couches différent. Ok mais elle n’aura eu aucun répit. Aucun. La vie  comme une roue, une moissonneuse-batteuse ».


Vous aurez compris que ce n’est pas un livre à mettre dans toutes les âmes (trop sensibles ou trop chastes, abstenez-vous…) c’est souvent très cru comme récit mais le style de l’auteur est une merveille, un chaos de mots qui révèle la plus terrible des réalités, ce que peut faire un homme lorsque son miroir ne réfléchit plus que du vide…

 

J’ai vraiment aimé ce livre, c’est un réel coup de cœur. «  Je n’ai de goût que pour les pleurs que tu me vois répandre » est publié Chez Alma éditeurs. Il faut de l’audace pour écrire un si beau récit et le publier…il faut une heure grand maximum pour arriver au bout de la route empruntée par le narrateur, mais quelle heure…faites vous le offrir si vous trouvez que 14€ c’est un peu cher pour un si petit livre…ce n’est jamais que l’équivalent de deux paquets de clopes ou d’un ciné avec pop-corn et soda… Qu’est ce qu’on attend d’un livre sinon qu’il nous retourne et nous transporte vers des lieux inconnus jusqu’ici ?

 

Pour terminer voici l’un des passages  que j’ai préférés dans le texte de Sébastien Bonnemason-Richard : « Je veux croire, encore, à mon libre arbitre, pas de destin, rien d’écrit à l’avance. Jamais je n’ai voulu faire analyser les lignes de ma main. Je n’ai jamais regardé de près à l’intérieur. Je les ai lavées, frottées énergiquement, espérant que l’eau joue son rôle d’érosion. Qu’elle lisse tout ça, quitte à souffrir, mais ne plus avoir que des paumes polies. Et repartir. Je les sculpterai moi-même, mes lignes, à ma façon. Des lignes, ou des motifs. Et là où certains verront des marques de scarification, des symboles païens, je répondrai que c’est faux…je veux avoir le droit d’écrire mon histoire, pas une grande, mais une petite histoire, simple, sans histoires, sans frustration sans peine ».


Je ne peux que vous inciter à tenter cette expérience littéraire…vous adorerez ou détesterez mais vous n’aurez probablement pas un avis mitigé…

 

Ce livre est bien entendu sélectionné pour le prix Mind The Gap 2013.

livre & couronne lylouanne tumblr

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

valentyne 23/05/2013 13:33


C'est une vraie catastrophe de venir chez noi , je viens te lire et je repars avec une liste qui s'allonge ....qui s'allonge ;-)


Le titre annonce la couleur ,  et ton avis aussi "la passion jusqu'à la folie" :-)  

Mind The Gap 23/05/2013 20:41



C'est bien le souci en allant sur les blogs mais oui ce livre là est un vrai coup de coeur pour moi...alors si tu le notes tant mieux...c'est je crois mon préféré cette année pour le moment...



Somaja 19/05/2013 22:42


Quel titre, il est magnifique ! et quel billet, on sent vraiment le gros coup decoeur. Je note avec plein de +.


Ca fait du bien, hein , ces petites pépites découvertes au détour d'une table de libraire audacieux .

Mind The Gap 20/05/2013 08:47



Oui et Samedi je suis retourné Chez Gibert où je l'avais repéré la première fois et il était de nouveau mis en avant...pas une pile entiere mais 3 plus celui posé verticalement pour qu'on le voit
bien. Vraiment, note le...si tu rentres dedans tu vas beaucoup aimer, sinon tant pis, tu auras essayé et tu trouveras bien quelqu'un à qui l'offrir...



seia 18/05/2013 08:17


très tentée, je note le titre dans l'iphone pour ma prochaine descente à la ville! sût je le lirai et te diras

Mind The Gap 18/05/2013 10:42



Génial, avec Laure ça fera déjà 2 de mes lectrices qui vont tenter l'expérience. Il a beaucoup de talent et de culot ce jeune auteur, j'ai adoré...



Soène 18/05/2013 07:14


Hello Mind,
Une belle critique mais ce livre ne me tente pas du tout
Ca fiche le bourdon ce genre de lecture...
J'ai le moral qui traîne sur le bitume (même plus dans mes chaussettes !) avec ce mois de mai pourri, alors j'ai juste envie de me mettre la tête sous l'oreiller  en attendant que le
printemps arrive
Bon we de Pentecôte et bisous d'O.

Mind The Gap 18/05/2013 10:39



Coucou je vais te répondre par mail...bises



Theoma 17/05/2013 14:59


tentant et comme j'aime bien cette maison d'édition...

Mind The Gap 17/05/2013 16:14



Je ne connaissais pas cet éditeur et ce premier livre m'a vraiment enchanté...



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