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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 00:12

lady chatterley

 

Encore un auteur Britannique que je découvre cette année et que j’aime : D.H Lawrence et son roman le plus célèbre, «  L’amant de Lady Chatterley », publié en 1928 et longtemps censuré comme bon nombre de ses écrits.

Le Talent de l’auteur ne sera  reconnu  qu’après sa mort (en 1930).

 

C’est l’histoire de Constance, mariée à Clifford, revenu de la grande guerre paralysé des membres inférieurs. Ce dernier est à la fois écrivain et propriétaire industriel de mines dans le nord de l’Angleterre. Lady Chatterley s’ennuie, étouffe. Elle rencontre dans le bois où elle s’échappe souvent, Mellors, le garde-chasse du domaine. Alors que Clifford est pris en charge par Mrs Bolton, une sorte de gouvernante, Constance se rapproche de Mellors. Ils font l’amour une première fois dans la cabane au milieu du bois, et puis…

 

«  Il avait vécu sans soucis et sans préoccupations jusqu’au moment où cette femme était entrée dans sa vie ! Il avait  dix ans de plus qu’elle ; et il avait mille ans de plus en expérience. Le lien se resserrait entre eux ; il voyait venir le moment où ils ne pourraient plus le dénouer et où ils seraient forcés de refaire leur vie l’un avec l’autre. Car les liens de l’amour sont difficiles à dénouer ».


Hé bien, je m’attendais à un livre érotique, certes il y a quelques passages évocateurs mais ceux qui s’attendent à des descriptions émoustillantes seront assez déçus. On n’est pas dans une histoire d’O mais bien dans une histoire d’A.

 

Je comprends que le livre ait pu être interdit à sa sortie en 1928. Il traite de l’adultère au détriment d’un homme impuissant et D.H Lawrence utilise des termes crus pour parler des attributs masculins : il utilise plusieurs fois les mots  couilles, pénis, phallus. Pour la femme, par contre, il parle des endroits secrets. Il évoque également les pratiques sexuelles réprouvées par la morale de manière fine mais néanmoins explicite…oh mon dieu, il n’en fallait pas plus pour être censuré ! On est en 1928, ne l'oublions pas !

 

J’ai adoré le style de D.H Lawrence car c’est un auteur qui dit la vérité, sa vérité et l’impose à ses personnages.

« Cela ne sert à rien de vouloir sortir de ta solitude. Il faut t’y cramponner toute ta vie. Le vide ne sera rempli que de temps à autre ! Mais il faut attendre le moment. Accepte ta propre solitude et t’y cramponne toute ta vie. Et accepte aussi ces moments où le vide sera rempli. Mais il faut qu’ils viennent d’eux-mêmes. Tu ne peux pas les forcer à venir » .


L’amant de lady Chatterley est une analyse réussie et brillante des sentiments humains, de l’amour. La psychologie des personnages   est très fouillée, notamment leurs souffrances internes ; de même que le contexte général (l’après guerre et les mutations du monde industriel).

 

Lawrence qui devait être sûrement un doux rêveur et un être bourré d’humanité, oppose  l’industrialisation de masse à la campagne bucolique, l’amour normé et hypocrite à l’amour physique décomplexé, l’argent aux sentiments.

 

Certes, l’érotisme est porté aux nues par l’auteur mais dans une histoire profondément humaine et vivante.

J’ajoute à cela, que l’histoire avance sans jamais être ennuyeuse, que l’auteur ménage un certain suspens jusqu’à la fin  et que les sentiments sont triomphants sans jamais être étouffants.

 

J’ai donc vraiment aimé L’amant de lady Chatterley et je relirai à coup sur cet auteur qui à un style impeccable.

Je vous laisse avec quelques extraits de ce livre à mettre entre toutes les mains…

 

« L’air dur avait encore une odeur de souffre ; mais ils y étaient habitués tous deux. Autour du proche horizon, tournait un brouillard opalescent de gel et de fumée ; et au sommet se tenait le petit ciel bleu ; en sorte qu’on était comme enfermé dans un endroit clos, toujours enfermé.

La vie était toujours un rêve, ou une folie, enfermée dans un endroit clos. »


«   Ce  qui en fait vraiment des hommes et pas seulement des singes, c’est la tendresse, c’est la connaissance sexuelle. Le sexe n’est vraiment qu’un contact ; le plus intime de tous les contacts. Et c’est un contact dont nous avons peur. Nous ne sommes qu’à demi conscients, et à demi vivants. Il faut, surtout nous autres anglais, que nous prenions contacts les uns avec les autres, avec un peu de délicatesse et de tendresse. C’est notre besoin le plus criant. »

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

Dalva 05/12/2013 22:36


Merci pour cette analyse du livre. Je viens de le finir et je l'ai dévoré. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu avec autant de plaisir. Un très beau roman sur le sens de la vie et sur
l'amour, sous toutes ses formes.


 

Mind The Gap 06/12/2013 08:37



Bonjour Dalva ! Oui un très grand livre, bien différent de ce qu'on peut imaginer au départ.


J'ai" Amants et Pères" qui m'attend sur mes étagères, c'est aussi un petit pavé mais je retrouverai D H Lawrence avec beaucoup de plaisir !



somaja.over-blog.com 15/11/2012 19:41


Ben, je ne me souviens plus trop, j'ai plutôt regardé le garde-chasse !

Mind The Gap 16/11/2012 08:49



Roooh...tu aurais fais ça Somaja...Roooh ça alors...mais je ne sais toujours pas si la Lady était une bombe atomique...pffff



somaja 12/11/2012 09:52


Pour ce qui était des visions, en tant que spectateurs, on en avait effectivement pris plein les yeux !

Mind The Gap 12/11/2012 17:10



Et l'actrice elle était bestiale également ou jolie?



somaja.over-blog.com 11/11/2012 20:48


Très beau billet pour un très beau roman. Un auteur magnifique qui a écrit aussi de superbes nouvelles. Ils ont du talent ces Anglais, hein ? J'ai eu l'occasion de voir une adaptation
théâtrale de ce roman, il y a longtemps et j'ai eu un fou rire monumental jusqu'à la fin de la pièce telllement c'était nul ! La mise en scène se voulait "réaliste" , ils avaient trouvé un acteur
un peu "sauvage", "bestial", et pour tout dire hideux. Pendant l'ensemble de la pièce les deux acteurs principaux se promenaient à poil et passaient leur temps à se jeter l'un sur l'autre avec
des grognements de bêtes ! Rien à voir avec la délicatesse du style de l'auteur... mais j'ai passé un super moment !

Mind The Gap 12/11/2012 08:43



Effectivement, quelle idiotie de ne voir dans ce livre somptueux que des scènes de cul...il faut vraiment être myope au dernier degré...mais bon les artistes doivent s'exprimer, c'était leur
vision du livre...



Sophie 11/11/2012 00:38


comme Asphodèle, tu me donnes envie de le relire!!


est-ce que tu as vu la sublime adaptation faite par une cinéaste française (son nom m'échappe, mais je sais qu'elle avait eu le césar du meilleur film), vraiment, une splendeur, je te le
recommande!

Mind The Gap 11/11/2012 10:15



Non, je vais regarder, ça doit être un film assez ancien, faut que je cherche.


Bon dimanche.



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