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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 00:12

branwell

 

Dans ce livre offert par Somaja lors du dernier Swap, Daphné du Maurier, connue pour « Rebecca » (qui paraît-il  ressemble fortement à « Jane Eyre »…), nous livre une biographie de Branwell, le seul homme  de la Brontë Family, frère des trois sisters (c'est lui sur la photo)

 

Ce livre est passionnant pour qui s’intéresse aux sœurs Brontë car il met en lumière un personnage central dans la vie littéraire de ses sœurs.

Décrit comme un jeune homme bourré de talents (peinture et surtout écriture), choyé par son père, surestimé par sa tante qui ne jugera pas bon de lui laisser un petit pécule à sa mort (selon elle, lui seul serait capable de vivre de son art…), Branwell Brontë ne vendra jamais une toile et ne publiera jamais le moindre livre ou poème. Il finira sa courte vie souvent débauchée, hanté par ses propres démons, entre l’alcool et le Laudanum avant de succomber à la tuberculose.

 

Mais Branwell est à l’origine des écrits de ses soeurs. Le monde infernal dont il est question est au départ imaginé et écrit par Charlottecharlotte et lui lorsqu’ils sont encore enfants et leur proximité est édifiante. Ensuite, Emily viendra se nourrir de son monde imaginaire et  impitoyable. Anne aussi bien que plus timidement. Il parait indubitable aujourd’hui que Branwell ait été à la source des écrits de ses sœurs.

 

Le livre de Daphné du Maurier permet d’en savoir beaucoup plus sur les sœurs Brontë…il y aurait tellement de choses à raconter sur ce livre que je ne sais trop quoi dire.

 

D’abord, je les imaginais très pauvres et vivant en recluses. Elles étaient certes, modestes mais sont sorties du presbytère pour leur propre  enseignement d’abord puis pour enseigner ensuite. Elles ont donc vécu dans d’autres villes anglaises, ont séjourné de longs mois à Bruxelles et ont pu financer l’édition de leurs romans.

Intellectuellement parlant, elle étaient très en avance et très cultivées, Emily fut capable de rédiger un essai en français lorsqu’elle étudiait en Belgique : imaginez cela en 1840…

 

Charlotte connut la passion, tout d’abord éphémère pour son amie Ellen Nussey, qui restera une confidente intime jusqu’à la fin de sa vie. Puis elle tomba amoureuse de son professeur et cette passion là fut durable (et romancée dans ses livres). Anne anne brontede son coté, tomba amoureuse d’un vicaire croisé lors d’un de ses postes de gouvernantes (elle se livre beaucoup dansAgnès Grey, c’est la moins romanesque des trois soeurs).

 

Emily, elle, semble avoir échappé aux affres de toute passion. Sauvage et indépendante, elle arpentait inlassablement les landes autour du presbytère de Haworth. Et pourtant, dans «  Les Hauts de Hurlevent » elle sublime la passion amoureuse comme personne : A coté, « Belle du Seigneur » passerait presque pour du lait écrémé pasteurisé…la passion s’arrête à la mort d’Ariane et Solal, ici elle survit à la mort et se perpétue même dans  les générations futures.

Daphné du Maurier indique que le début des « Hauts de Hurlevent » a peut être été co-écrit avec Branwell, peut être même que la trame du roman serait de lui, même si Emily emilya probablement totalement réécrit l’histoire avant sa publication. Emily reste une énigme dans cette famille énigmatique.

 

On apprend aussi que le premier recueil de poèmes des trois sœurs connut un échec cuisant, tout comme «  Le professeur », premier roman de Charlotte. On apprend que l’éditeur de « Jane Eyre » a lu le livre dans la journée et a voulu le publier dans la foulée. « Jane Eyre » connut un immense succès dès son édition et Charlotte devint célèbre  presque instantanément. Seul Branwell, alors malade, n’a pas été mis au courant par Charlotte de sa publication…il était devenu le paria qu’il faut à la fois protéger et éviter, la famille reste la famille , même en 1847.

Pourtant, Daphné du Maurier indique que l’essentiel du roman était dans les premiers manuscrits illisibles de Branwell et Charlotte (ils écrivaient en tout petit caractère pour être certains que personne ne pourrait pénétrer leur monde imaginaire…)

 

Quant à « Agnès Grey » et « Les Hauts de Hurlevent », ils firent le tour des éditeurs de Londres avant de trouver preneur puis  furent publiés ensemble. « Agnès Grey » resta confidentiel, « Les Hauts de Hurlevent » ne connut pas non plus le succès mais souleva des critiques assassines, laissant Emily de marbre. Ce n’est que bien après leurs morts respectives que le génie des  deux  autres sœurs fut reconnu, surtout celui d’Emily qui a même égalé voire dépassé au final l’aura de sa sœur Charlotte.

 

La fin du « Monde infernal de Branwell Brontë » restitue une lettre bouleversante de Charlotte, déjà reconnue en tant qu’écrivain, juste après la mort de Branwell, Emily et Anne, en l’espace de six mois (tuberculose) Celle-ci revient  alors au presbytère de Haworthhaworth (comme toujours) où ne restent plus que son vieux père pasteur, les deux vieilles servantes de toujours, le grand dogue d’Emily et l’épagneul d’Anne. Ses mots sont terribles, sa peine immense et insuportable, j’en ai pleuré…

 

Cette histoire est à la fois humainement, littérairement et familialement extraordinaire.

Je viens de recevoir une biographie d’Emily Brontë écrite en 1935, j’espère en trouver une  de Charlotte

Je suis tombé dans les griffes des sœurs Brontë…je veux en savoir plus mais là je fait une pause avec des auteurs actuels et vivants...c'est pas que j'aie peur des fantômes mais...Emily sors de mon esprit s'il te plait!

 

Pardonnez moi, cet article est mal tourné et un peu long  mais je l’ai écris d’une seule traite. Il est impossible d'analyser un tel livre, on ne peut que donner ses impressions à chaud.

 

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commentaires

dasola 16/02/2013 10:37


Bonjour, ton article n'est pas trop long car il y a tellement à dire sur les Brontë soeurs et frère. Leur vie est un roman. Un de mes souhaits depuis longtemps serait d'aller dans le Yorkshire
visiter les lieux où ont vécu cette famille. Je crois que le presbytère se visite. Bonne journée.

Mind The Gap 16/02/2013 13:57



Bienvenue Daola. J'ai chroniqué les ouvrages des soeurs brontë également et je vais attaquer les biographies de Charlotte et Emily. Ces auteurs sont fascinants.


Oui le prebytère se visite, c'est devenu un musée géré par la Bronte society...et j'espère bien aller voir les landes du Yorkshire l'année prochaine peut être.


Ce qui m'épate vraiment c'est de penser qu'en 2013, les écrits des soeurs Brontê aient ancore un tel succès...



somaja.over-blog.com 13/02/2013 15:23


Wouah ! quelle passion ! génial ce billet ! Il faudra que je lise cette bio un jour. J'ai toujours un énorme pavé en anglais sur cette fascinante famille, mais pour que je m'y mette il me
faudrait du temps et du calme, ce sera pour plus tard.


Et encore une fois tu me donnes envie de foncer prendre le 1er train pour aller visiter les lieux où ils ont tous vécu.


Ses romans n'ont pas la même force bien sûr, mais tu devrais esayer de lire Daphné du Maurier. Et Rebecca n'est pas une copie de Jane Eyre, je suis d'accord avec Aspho. On retrouve le couple de
milieux différents et le secret autour de la vie du personnage masculin, mais l'intrigue est très différente. Encore un auteur à découvrir ! Tu en as de la chance !

Mind The Gap 13/02/2013 17:14



C'est prévu...je vais acheter Rebecca et le mettre au programme de 2012...je me souviens très bien d'une adpatation télé ou un téléfilm qui passait quand j'étais gamin...Manderley et Mr de
Winter...


Il n'est pas impossible qu'elle ait été inspirée par Jane Eyre, tout en créant sa propre histoire avec so, propre style...


Moi aussi je veux aller voir le presbytère et les landes alentour...ces lieux sont si présents dans leurs livres...



valentyne 08/02/2013 13:21


Il a l'air très intéressant ce livre : moi aussi , je me fais (faisais?) une idée des soeurs Brontë recluses et très pauvres .....

Mind The Gap 08/02/2013 16:56



Elles formaient je pense un vrai clan familial et sont toujours revenues au Presbytère de Haworth mais elles n'étaient pas recluses...le livre est intéressant pout qui aime leurs écrits.



Soène 05/02/2013 12:46


Tu me connais, Mind, chez les Amies/is, je reviens toujours !
J'ai lu et j'ai la tête qui me tourne...
Tu as bien fait de rédiger ce billet "à chaud" il en ressort vraiment ta passion pour ces 3 Grâces.
Tu vas avoir du mal à passer à d'autres lectures...
Et ta La Douce, te suit-elle dans ces lectures ?
Il faudra que je finisse BDS avant d'attaquer la Famille Brontë.
En tout cas, ton billet est passionnant et pas du tout mal tourné
Bisous
Y'a l'soleil à Lyon  

Mind The Gap 05/02/2013 13:21



Coucou.


Oui j'ai du mal à passer à autre chose...c'est tellement puissant comme univers, les autres livres me semblent fades...mais j'y arrive...tu verras mon prochain billet sur "Un héros" de Félicité
Herzog...


La Douce a vu les films mais n' a pas lu les livres pour le moment.


Si tu attaques un jour la famille Brontë, ne commence pas par les Hauts de Hurlevent...tu risques de pas aller trop loin, ce livre est vraiment terrifiant...essaye Agnes grey ou Jane eyre.


Gros bisous...


 



Syl. 04/02/2013 17:25


Bien, moi aussi je n'avais pas aimé.

Mind The Gap 04/02/2013 17:43



C'est un peu du bricolage mais c'était en 1979. Par contre j'ai été très agréablement surpris par l'adaptation des Hauts de Hurlevent avec Juliette Binoche et Ralph Fienes. Romanesque et bien
moins forte que le film qui vient de sortir au ciné qui est térrifiant autant que le livre...



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