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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 00:12

lisa 3

 

Voici mon texte pour l'épisode 56  de l'atelier d'Olivia : " des mots une hsitoire".

 

Les mots imposés cette semaine  sont : grillage – chat  – apesanteur –  chant – contexte – plume – couffin – barbouillages – croquis – enfant – lame – livre – vertige – saigner – chapon – climatique – catalogue – match – roboratif – sangloter – allumettes – mouchoirs – enfance – préparation – délicieux.

 

Ce texte est la suite de Mathilde que vous pouvez lire ici.

 

Au bout d’une heure  de route, Louis s’enfuit de ses rêves et de la voie rapide et retrouva sa maison en proche périphérie de Rennes.

C’était  mardi soir et Louis avait oublié que Pénélope était à son cours de cuisine hebdomadaire, probablement en train de concocter un chapon aussi roboratif que farci. Le croquis du plat dessiné par son épouse et affiché dans l’entrée le mit en appétit.

 

Il se dirigea vers son bureau installé sous les combles, bercé par une sorte d’apesanteur, encore ampli de l’évocation de Mathilde mais pressé d’étreindre Pénélope dès son retour de cette improbable échappée culinaire. Louis se dit qu’il allait rajouter quelques réalités virtuelles à son livre en cours d’écriture lorsqu’il  aperçu soudain un petit mot de son épouse.

 

Mon amour,

 

Je sais que le contexte de la disparition de Mathilde est une énigme et un crève-cœur pour toi.

Ta sœur m’ a un jour demandé de te remettre cette lettre au cas il lui arriverait malheur. J’étais très étonnée de cette démarche étant donné son jeune âge mais je ne lui ai pas posé de questions. Mathilde et moi nous aimions beaucoup, elle m’a simplement dit que je saurais lorsque le moment serait venu de te remettre ses mots. Le moment est venu, ce bébé en préparation, mélange de toi et moi doit te permettre d’affronter ce que Mathilde avait à te dire.

Je t’aime, je reviens vite, je suis là…

 

Louis fut pris de vertige à la vue de l’enveloppe mauve sur laquelle Mathilde avait sobrement indiqué à la plume : «  A louis ». Il la décacheta  avec beaucoup d’émotion et de recueillement, comme on enlève  pour la première fois les artifices en dentelle d’une femme qu’on aime de tout son être…

 

Louis,

 

Te souviens tu dans notre enfance lorsque  Fripouille le chat escaladait le grillage bleu du pavillon, assorti aux hortensias ? On le récupérait en hâte et on le déposait dans un couffin moelleux pour qu’il n’ait plus jamais envie de s’échapper.

J’ai croisé l’amour mais je n’ai pas réussi à trouver de couffin pour le retenir. Il s’appelle John, un anglais baroudeur et bourreau de coeur, venu par bateau d’un coin sauvage des Highlands. Je l’ai aimé follement, j’ai vécu avec lui une passion délicieuse et dévastatrice. Ma vie d’alors était semblable à celle d’une allumette, je me suis embrasée de tout mon être, j’ai consumé  inexorablement mon existence à ses cotés. 

Je voulais le chérir pour l’éternité, je voulais un enfant de lui, je voulais tout en somme.

Un matin il est reparti, sans laisser d’adresse, sans explications, laissant en moi le chant de nos 2 corps qui gémissaient à l’unisson.

L'allumette n'était plus que cendres...

La seule façon de pouvoir vivre avec une lame plantée entre mes 2 poumons était d’être figée pour toujours, or la vie ne vaut que lorsqu’on peut virevolter et inventer de nouvelles cabrioles. Seules les conditions climatiques torrides valent la peine d’être vécues, pas la tiédeur.

Je vais t’épargner le catalogue de mes souffrances, j’ai simplement décidé  un beau jour d'arrêter de  saigner.

John est parti par la mer, alors moi aussi : j’ai perdu le match Louis mais je t’assure que je me suis battue, j’ai nagé jusqu’à l’épuisement, les yeux tournés vers l'angleterre...

Je te revoie petit  en train de sangloter et  tes larmes  transformaient  alors  tes dessins en barbouillage. Je t’en prie, tu es devenu bien grand,  laisse tes mouchoirs au placard, sois heureux auprès de Pénélope, ne barbouille pas votre toile commune.

j’ai été heureuse avec John et  au moment de mon dernier souffle, je sais que j’aime, je sais que j’aime.

Pardonne moi le mal que je t’ai fait,

A toi pour toujours,

Mathilde.

 

Louis était sous le choc, il réussit à se servir un verre en attendant le retour de Pénélope et de pouvoir réapprendre à réfléchir.

 

des mots une histoire

 

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Published by Mind The Gap - dans Textes
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commentaires

elcanardo 20/02/2012 18:16


Texte triste... Quel romantique tu fais ... et en plus pudique si j'en crois les commentaires !!!


 


Coincoins mystère

Mind The Gap 20/02/2012 20:21



Merci de ton passage ici.



Félibre 19/02/2012 23:57


Les histoires tristes ça inquiète et ça tiens en haleine ! Ca marche bien, tu nous fends le coeur dis !


Il me tarde de lire le livre et de te lire sur un récit qui nous fait rire.


Le couple c'était pas mal. Mais ça laisse un goût amer.


Je t'encourage, car moi je n'en suis pas capable !

Mind The Gap 20/02/2012 09:25



Ravi de te revoir ici Félibre. Si tu as envie de faire un petit texte, lance toi : cette semaine va sur la blog d'Asphodèle ( lien dans ma liste de blog)  pour son atelier littéraire les
plumes de l'année.


Dépose  un mot commençant par N, demain tu récupéres la liste des mots et tu as jusqu'à samedi pour faire ton texte. Sinon essaye juste pour toi... J'ai commencé comme ça, je n'ai jamais
rien écrit de ma vie avant, c'est amusant et bluffant d'y arriver et si tu en as envie tu y arriveras. Depuis j'ai même décidé de me lancer dans des coucours de nouvelles...


Fais toi plaisir, tente le coup....



La Douce 19/02/2012 18:57


J'aurais bien aimé répondre à Soène mais figurez-vous que mon commentaire initial a été censuré par l'auteur de ce blog... pfff....


Alors je suis désolée Mesdames, mais vous ne saurez jamais si MTG est aussi sensible à la ville qu'à la campagne ou que sur son blog....je ne pourrais pas en dire plus....


(petit commentaire sur ce texte....marre de pleurer en lisant tes textes MTG )

Mind The Gap 20/02/2012 09:15



Pfffff....et re pffffff. Il faut garder sa part de mystère autrement plus personne ne viendra ici...  J'ai fait aussi des textes drôles ou supposés drôles : les mots en H, Hector, Germaine
et Edouard et aussi des billets humoristiques.


Il y a aussi des Messieurs qui viennent ici : Jean Charles, Wens, Antiblues, Manuel ,El canardo...et je profite de cette occasion pour les en remercier!!



Asphodèle 18/02/2012 12:01


Soène qui rit, Soène qui pleure ! Elle nous a fait l'arc-en-ciel hier... :lol: C'est quoi le "même bonhomme que moi " ??? (tu sais bien que je suis à l'Ouest...)

Mind The Gap 18/02/2012 12:16



C'était le Smiley...je suis un ringard pour la technologie....j'ai pas celui tout vert avec les dents apparentes comme Soène....



La plume et la page 17/02/2012 23:12


Quelle lettre! Bravo pour l'inventivité et le placement des mots!

Mind The Gap 18/02/2012 12:14



Merci beaucoup...cela m'encourage à continuer les jeux littéraires !



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