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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 06:12

oh

 

Je viens de lire «  Oh » le dernier roman de Philippe Djian.

 

La quatrième de couverture dit ceci : «  Décembre est un mois où les hommes se saoulent, tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s’enfuient, gémissent, meurent…Oh raconte trente jours d’une vie sans répit où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant ».

 

Pour moi Philippe Djian est un auteur culte, à la fin de mes études et un peu plus tard j’ai dévoré tous ses livres : Echine, Bleu comme l’enfer, Zone érogène, Maudit Manège, Lent Dehors et aussi 37.2 le matin.

Cet écrivain à un style inimitable et à chaque roman, j’étais littéralement scotché par ce chirurgien qui découpe la solitude  humaine et la vacuité de l'existence au scalpel…

 

Et bien avec « Oh » j’ai été  plutôt déçu.

 

Certes, on retrouve son univers noir et glauque, colorié de pensées sombres, de sexe et de violence, on retrouve son numéro d’équilibriste et ses phrases improbables mais Oh n’a pas la force et la poésie renversante de ses anciens romans. L’histoire est totalement improbable, c’est presque une parodie de lui-même et ce récit de  vie d’une femme qui approche la cinquantaine et vient de se faire violer ne m’a pas convaincu. Soit j’ai vieillis, soit c’est Djian qui en sortant des livres de manière cadencée,  finit par louper le coche.

 

Le souci c’est que même un mauvais livre de Philippe Djian reste un bon livre, alors je l’ai lu rapidement et avec plaisir mais je n’y ai pas retrouvé l’émotion habituelle et son « politiquement incorrect » que j’apprécie tant habituellement. J'ai trouvé le tout un peu empesé.

 

Voici quelques extraits qui m’ont parlés :

 

« Je finis par me sortir de la Concorde et m’engage sur le pont du même nom, les dents serrées, le regard embué. Je viens juste de m’apercevoir qu’en fait je n’ai plus ni mari, ni fils, ni père. Je longe les quais, je regarde des péniches, les monstrueux bateaux-mouches, les campements de sans-abri. Je n’en déduis rien, c’est une constatation. Le vide s’est installé autour de moi et je suis prise comme au dépourvu, décontenancée ».

 

«  J’ai fini par oublier que tout ce qui n’est pas résolu resurgit tôt ou  tard, avec plus d’acuité, et ce mal nous a rongés jusqu’au dernier instant »

 

«  Si j’ai rencontré quelques hommes bizarre au cours de ma carrière, Patrick bat tous les recors. Mais il me  plait malgré tout. J’aimerais abandonner cette histoire sur le champ, dès maintenant couper les ponts car on ne peut que s’attirer des ennuis avec un homme si compliqué, si imprévisible, mais je pense que je ne suis pas encore très vieille, je pense que je peux encore vivre quelques aventures qui sortent de l’ordinaire, que j’ai encore ce pouvoir, cette capacité-là – la partie ne peut pas être si courte j’imagine »

 

Si vous ne connaissez pas du tout Djian, ce qui est peu probable, lisez plutôt les romans dont j’ai parlés plus haut. Si vous être habitués à son univers, le livre peut vous plaire, j’ai lu de très bonnes critiques sur certains blogs.

 

Philippe Djian est un auteur  génie…il a écrit cette phrase (je ne sais plus dans lequel de ces livres) dont j’ai déjà dû parler un jour sur ce blog enfin je ne sais plus : «  Parfois la solitude humaine est insondable, c’est pour cela qu’on a inventé la chair de poule, ça évite d’aller jusqu’à claquer des dents »


Quant on peut pondre une telle phrase, on peut écrire bien des choses…

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

Soène 18/05/2013 07:15


Tu lis trop, Mind !
Je n'arrive plus à suivre !

Mind The Gap 18/05/2013 10:40



J'ai encore 2 chroniques de prêtes mais là ça va se calmer, je vais repartir dans la bio des soeurs Brontë...


Demain je publie le tag de Jeanne celui qu'elle a lancé il y a quelques jours...tu vas peut être te marrer...ou pas...il y a un peu d'humour noir mais tu me connais...



Valentyne 13/05/2013 12:48


recoucou (je poursuis ma lecture en retard ;-)


Suite à ton billet, je vais refaire une tentative avec Djian avec les premiers titres que tu cites :-)


en effet le seul essai que j'ai fait avec cet auteur  est "Doggy Bag saison 1" et j'avais détesté .....,


A bientôt  


 

Mind The Gap 13/05/2013 16:25



Cette série ne m'a pas du tout inspirée, mais je pense qu'il essayait de se renouveller alors qu'au final, on dit qu'un bon écrivian écrit toujours le même livre, d'une manière ou d'une autre...



DENIS 13/05/2013 12:46


je le connais assez peu à vrai dire


alors ton enthousiasme à son égard pourrait être un argument

Mind The Gap 13/05/2013 16:23



Oui en essayant peut être un ancien titre de lui...



Syl. 12/05/2013 22:38


Je l'ai sorti de la pal cette semaine. Je dois le lire et je n'ai lu qu'un mot sur trois de ton billet. Je repasserai par ici chercher le lien...

Mind The Gap 13/05/2013 08:59



J'ai hâte d'avoir ton avis sur ce livre...



Somaja 12/05/2013 18:47


J'ai un ami (et oui, j'ai  des amis !) qui est un grand fan de Djian, comme toi, et qui en a fait la même analyse, c'est dingue, non ? J'adore la dernière citation ! Bises


 


 

Mind The Gap 12/05/2013 21:07



J'ai envie de relire Djian sur l'un des titres que j'ai tant aimés et sûrement que je lirai son prochain opus pour avoir à nouveau des frissons...mais là, la mayonnaise était bien light...



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