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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 09:12

 

 

quand la nuitMarina est une jeune femme un peu paumée qui vient d’avoir son premier enfant Marco.…elle l’aime et le hait en même temps, en arrive a être brutale avec lui. Elle se réfugie à la montagne pour un mois, juste elle et lui.

Manfred est un guide, montagnard rustre dont la femme est partie. Le refuge est celui de son frère/

Marina va croiser la route de Manfred.

 

Marina et Manfred, la rencontre de deux solitudes. Quand la nuit de Christina Comencini raconte cela, une  histoire d’amour entre  deux solitaires qui se réalisera…ou pas.

 

J’ai adoré ce livre, c’est un vrai coup de cœur. Cristina Comencini est Italienne, à la fois auteur et réalisatrice de cinéma.

 

Elle raconte son histoire très simplement mais implacablement, à deux voies ce qui peut dérouter au début : dans chaque chapitre, l’auteur livre les pensées intimes de Marina puis celles de Manfred. Il s’agit d’une confrontation de leur moi intime.

 

J’aime beaucoup le style de cet auteur : en parlant de la danse avec un garçon  elle fait dire ceci à Marina : « J’aime bien qu’on me porte. J’ai l’impression d’être légère, de me glisser dans son corps. S’il est doué, il suffit d’une pression pou que tu le suives. Si seulement c’était comme ça dans la vie. Malheureusement la musique s’arrête, on entame la conversation et ce garçon qui semblait fait pour toi perd tout son charme. Mario ne sait pas danser. Aucun garçon vraiment intéressant ne danse. Pourquoi le monde se divise t-il ainsi, d’un côté, les danseurs, de l’autre les hommes avec qui on peut vivre une histoire ? ».


Le thème n’est pas nouveau, la recherche de l’amour parfait, la passion mais le style de l’auteur est vraiment magnétique. Elle utilise des mots simples, des phrases courtes qui claquent comme des réparties.

Il y a chez Cristina Comencini  une désillusion lucide : « Il ne faut pas se fier aux hommes trop gentils, ils te font croire que la vie est un conte de fées. On sait bien comment ça finit ».


Mais il n’y a pas de désespérance ou de pessimisme stérile…il faut aller au bout du roman pour comprendre la pensée de l’auteur.

 

Il y a une interrogation sur le bonheur, sur la famille, la maternité…quand Marina livre ses pensées intimes : en parlant de son mari, Mario : «  il me vient des pensées que je ne peux pas lui avouer, l’une après l’autre, en désordre. Je voulais Marco (son fils), mais je ne savais pas. Je t’aime, mais je te déteste parce que tu ne me comprends pas. Alors je mets de la musique, ça nous évite de parler, une chanson du temps de notre rencontre, tout peut redevenir comme avant. »


L’ambiance est trouble à souhait : l’intrigue se passe autour d’un refuge de montagne, il y a du suspens et la confrontation entre Marina et Manfred est très joliment amenée jusqu’au terme du livre.

On a du mal à fermer «  Quand la nuit » lorsqu’on a pénétré les pensées des deux personnages. On est entraîné inexorablement avec eux. Cristina Comencini a vraiment réussi son coup, cette réflexion sur la rencontre entre soi et son double est très réussie. Je crois que c’est en lisant une critique sur Marie-Claire que j’ai eu envie d’acheter ce livre…comme quoi ils servent à quelque chose ces magazines féminins dont je me suis moqué il y a quelques temps…

 

Cette phrase pour terminer…troublante à souhait…encore une pensées de Marina : «  J’ai depuis toujours l’impression d’être étrange. L’amour des hommes m’intéresse plus que tout au monde, mais je n’ai jamais trouvé un homme ni même une femme à qui je puisse le dire. Alors quel amour c’est si tu ne peux pas en parler à personne ».

 

Ce livre est en compétition pour le prix Mind The Gap 2103.

livre & couronne lylouanne tumblr

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

DENIS 13/05/2013 12:52


un grand coup de coeur aussi pour moi ce livre magnifiquement narré et quel beau style


 


http://bonheurdelire.over-blog.com/article-quand-la-nuit-de-cristina-comencini-le-livre-de-poche-108990501.html


bien heureux de cette visite de ton blog, enfin, un homme littéraire dans ce monde dominé par les bloggeuses, par ailleurs charmantes, je me suis inscrit à ton blog pour le suivre

Mind The Gap 13/05/2013 16:28



Merci et bienvenue à toi Denis. C'est vrai qu'on est pas beaucoup sur ce créneau là et pourtant les hommes lisent quand même un peu...je vais venir lire ta chronique sur " Quand la nuit "



Valentyne 22/02/2013 13:31


il fait un peu peur le début de ton article (elle est brutale avec son fils ? ) Comme elle concourt pour le prix Mind the Gap , je note son nom à cette auteur qui t'a fait une forte impression
 (mais peut être pas ce titre ;-)


Bises

Mind The Gap 22/02/2013 16:50



Oui c'est flippant comme livre...elle est brutale une seule fois avec son enfant...elle pète un plomb...mais ce n'est qu'un aspect du livre, il ne raconte pas la maltraitance mais bien d'autres
choses. Il est pas facile à restituer ce livre !



seia 22/02/2013 09:37


cela donne plutôt envie de le lire ce livre car j'imagine justement que ce n'est pas fleur bleue et je suis sûre que cela ne se fini pas comme on pourrait imaginer...

Mind The Gap 22/02/2013 11:46



Oui tu as tout à fait raison, ce n'est pas du tout fleur bleue...c'est un livre puissant et dérangeant. La fin est ouverte...le lecteur peut imaginer la suite...



Soène 21/02/2013 12:59


C'est drôle, Célestine a pu changer la police

Et voui, je retombe "en enfance" j'ai envie de faire tout ce que les z'autres font !


Bisous, Célestine

Mind The Gap 21/02/2013 17:17



Elle est forte cette Célestine...changer la Police...Warf !



Soène 21/02/2013 12:56


Hello Mind,


A noter pour plus tard ! Et je le déplacerai dans ma PAL s'il obtient ton Prix

Pour les hommes, je confirme ! les hommes intéressants ne savent pas danser, MAIS POURQUOI DONC !

Pour les hommes trop gentils, c'est vrai aussi... Mais avec les hommes méchants, ça finit pareil... Alors ?...

La télé aussi ça évite de parler...
Aimer et ne pas supporter son enfant, Syl, c'est possible aussi....

Parfois on a l'immense chance d'avoir une amie ou un ami intime à qui on peut tout dire, qui nous conseille, nous modère. Mais ça n'arrive pas souvent et ça ne dure pas toute la vie...


Tu en parles très bien. Ca donne envie de le lire. J'aime bien les histoires fleur bleue !
Lisa est à un niveau tellement supérieur dans ses lectures que je comprends qu'elle n'ait pas envie de le lire...


Ca te change des Soeurs Brontë !


Bonne fin de semaine (ayé, ce soir je ferme la boutique jusqu'à lundi !)
Bisous de ma tour
Ici, on gèle, on se pèle, on "ressent" le froid !!!


 


 


 

Mind The Gap 21/02/2013 17:16



Hé bien dis moi, il t'inspire mon article...quel commentaire fleuve.


L'ami(e) intime, le confident est presque un mythe si on pousse la logique...


L'amour est proche de la haine aussi...


Bises.



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