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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 06:12

standard

 

Je n’avais jamais lu ni même entendu parler de Nina Bouraoui avant de lire «  Standard » son dernier roman, sorti chez Flammarion en janvier dernier.


Le premier livre de Nina Bouraoui, « La voyeuse interdite »  publié chez Gallimard en 1991, arrivé chez l’éditeur  par la poste, s’est vendu à 150000 exemplaires. Après avoir obtenu le prix Renaudot en 2005, Nina Bouraoui revient avec son quatorzième livre, qui est un pur roman...et un pur bijou.

 

« Standard » est le portrait de Bruno Kerjen, 35 ans : Saint Malo, une enfance gâchée, un chagrin d’amour d’adolescence, dévastateur et fort, prénommé Marlène, une fuite...

Bruno s’est construit une existence faite de routine, de renoncement. Il a trouvé un équilibre dans sa solitude, son travail répétitif et son appartement en banlieue parisienne. Lors d’un week-end chez sa mère à Saint Malo, Gilles son copain d’enfance lui apprend que Marlène est de retour au pays…

 

J’ai adoré ce livre qui est le vrai coup de cœur de ce premier trimestre 2014 (avec aussi «  Nos vies désaccordées de Gaëlle Josse »).


Nina Bouraoui a créé un personnage extrêmement fort et attachant, un tocard mi loser mi désabusé, un type totalement transparent aux yeux des autres et des femmes en particulier mais qui se contente de cette transparence, pensant qu’elle ne le fait pas souffrir inutilement.

Je dois dire qu’à 25 ou 28 ans, j’aurais pu être  en grande partie ce Bruno Kerjen et l’identification à ce personnage m’a vraiment interpellée. Un fantôme qui n'a jamais dit je t'aime et qu'aucune femme n'a jamais aimé.

 

Nina Bouraoui trace les contours de cette vie terne et de ce type morne avec beaucoup de tact et de brio, ajoutant à chaque chapitre un coup de marteau au clou qu’elle enfonce ligne après ligne. C'est noir et suffocant, à l'image de notre société actuelle.


Et puis aux 2/3 de l’histoire, alors que ces coups de marteaux pourraient peut être devenir lassants, Nina Bouraoui fait apparaître Marlène et le dernier tiers de l’histoire virevolte en écho à  Bruno Kerjen qui  redevient vivant en se rapprochant du poison qui se transforme en antidote...

 

Et puis, souvent je suis déçu par la fin des histoires d’amour ou des romans mais là, je dois dire que je me suis fait balader par Nina Bouraoui qui réussit à faire une pirouette sur la dernière phrase du livre . La fin est ouverte d'une certaine manière. 

 

Le style m’a plu, c’est sobre, fluide, simple, carré…l’auteur sait exactement où elle va et où elle veut emmener son lecteur et elle réussit son coup. Ses mots sont libres et son propos m’a vraiment touché. L’univers de ce roman est à la fois noir et humain, banal et triste mais vraiment fort.

 

Je n’ai qu’une envie, relire Nina Bouraoui et si vous avez  des titres à me conseiller parmi ses ouvrages, j’étudierai vos suggestions.

 

Je citerais seulement ce passage parmi les sept que j’ai relevés, qui parle de Bruno Kerjen « …il n’éprouvait aucun mépris pour personne, chacun faisait ce qu’il pouvait dans un monde qui n’avait rien à offrir  et qui chaque jour retirait l’infime part de liberté que chacun croyait posséder ou s’évertuait à gagner avant de le reperdre ; c’était cela la vie, une suite de retraits jusqu’au retrait final, il ne fallait pas s’en plaindre et il ne fallait pas rêver non plus, on serait toujours déçu et si ce n’était pas par les autres, ce serait par soi-même, l’homme était impuissant, petit, ridicule et l’amour n’existait pas, et même s’il avait existé il ne sauverait de rien. »


Et puis celui-ci : « La lumière ne brille pas de la même façon pour chacun. C’était ce que se disait Bruno depuis son plus jeune âge, les pieds enfouis dans le sable, détestant les bains de mer, l’huile solaire, le corps des filles qui plongeaient sans lui. Tout s’était joué depuis longtemps. On ne refaisait pas l’histoire. C’était comme ça et pas autrement. ».

 

« Standard » de Nina Bouraoui est en compétition pour le Prix Mind The Gap 2014.

Pric MTG 2014

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commentaires

Soène 19/03/2014 18:06


J'ai manqué ce billet. Je repasserai demain sans doute. C'est déjà la fin de la semaine... Tout va trop vite...


Bises

Mind The Gap 20/03/2014 08:43



C'est ul livre sue j'ai vraiment aimé et une auteur que je relirai vite. Je ne sais pas si tu aimerais, peut être...



sous les galets 15/03/2014 13:28


Je ne connaissais Bouraoui que de nom jusqu'à la lecture de ton billet. Je l'ai noté deux fois sur mon carnet; parce qu'un looser c'est déjà top, mais un looseur malouin, c'est carrément le
nirvana. Et je le note aussi parce que tu dis que la fin est réussie ...parce que les histoires d'amour, je n'en suis généralement pas fan.


C'est drôle que tes deux derniers coups de coeur soient sur des amours perdus...et peut-être retrouvés (rapport au Josse)

Mind The Gap 15/03/2014 16:30



Tu es attentive ma parole...oui je lis souvent des histoires qui traitent de l'amour impossible.


Saint Malo occupe une belle place dans " Standard" qui n'est pas une histoire d'amour pour moi mais le portrait d'un tocard qui est confronté à l'amour, c'est important mais c'est pas du tout une
histoire à l'eau de rose ou sentimentale au sens où l'on peut l'entendre.


J'espère que tu le liras. En plus, cerise sur le gâteau pour moi, j'ai pu échanger quelques mots avec Nina Bouraoui qui a apprécié ma chronique et de ces quelques mots, je retiens ceci :
l'humilité...



jeneen 13/03/2014 21:19


alors j'aimerais savoir pourquoila centreuse qui lève la jambe parfois, passe avant moi dans les comm !!! je suis mortifiée ! si, si..Mes comm ne s'affichent pas !


biz jeune homme

Mind The Gap 14/03/2014 08:26



Ha non tu ne vas pas nous jouer la Soène...faut être patiente parfois pour que le commentaire s'affiche. J'ai un programme spécial qui analyse les comm en focntion de leur niveau d'acerbité (mais
si ça existe...) et je crois sur le programme t'a repérée...



somaja1 13/03/2014 20:25


Tu crois que si j'envoie ma bio chez gallimard ils me publieront ?


Bon,,je note quand même parce que tu dis de belles choses et que si je n'ai jamais lu la dame, je l'ai suvent entendue (sur France Inter, et toc !) et que j'avais bien aimé l'entendre.


A part ça, concernant tes coups de coeur, comme dirait la regrettée Dalida, "toujours des femmes, encore des femmmes, lala, lala..."


Bises jeune homme pas si standard que ça

Mind The Gap 14/03/2014 08:23



Ha oui c'est vrai que j'aime les auteurs féminins le plus souvent, elles se rapprochent plus de ma sensibilité ! Essaye de lire Nina Bouraoui, peut être que tu seras emballée...


Gallimard encore aujourd'hui, publie des auteurs inconnus dont le manuscrit arrive par la poste...mais c'est pas donné à tout le monde, tu t'en doutes bien. Commence a écrire ta bio...je te ferai
la préface enfin si tu y tiens...



jeneen 13/03/2014 18:09


c'est vrai que c'est à l'envers ici...!!!


bon, ok, Syl est une comtesse...Je veux la rencontrer "en vrai" et je vous dirai...!


gaffe la vend"éenne, il a intérêt à être beau ton korrigan sinon, c'est la bouteille vide que tu prends sur ta goulette de fleurdelysée ! nan mais...venir mettre le bazar dans ce blog...à
l'envers !!! wharf !


(bon, je ne dis rien pour le serbe mais là, les vacances sont urgentes!!!!!)

Mind The Gap 14/03/2014 08:18



vi vi les vacances deviennent vitales à ce stade. Rien n'est à l'envers ici...les commentaires sont juste classés du plus récent au plus ancien...ha la la que de conformisme !



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