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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 06:41

orban 2

 

J’ai découvert Christine Orban  avec «  la mélancolie du dimanche », sans rien lire  d’elle, ni du résumé du livre, juste parce que ce titre me parlait.

« Virginia et Vita » est le quatrième livre que je dévore de Christine Orban et encore cette fois, je suis enchanté.


Ce roman raconte la passion tourmentée entre Virginia Woolf et Vita Sackeville dans les années 1920. D’un coté, Virginia, écrivain de génie possédée par ses oeuvres, modeste, terne et dépressive et de l’autre Vita Sackeville, écrivain de moindre renommée, riche, pétillante, exubérante et douée pour le bonheur. Les 2 sont mariées et les deux sont amoureuses l’une de l’autre, Virginia étant jalouse et fidèle, Vita étant plus volage et légère.

 

Le livre de Christine Orban aborde le thème de la passion et de la jalousie mais avant tout c’est un fantastique révélateur d’une période de la vie de Virginia Woolf. Bien que romancé, le livre s’inspire d’un fait réel : Virginia n’arrivant pas à être pleinement satisfaite de sa relation avec Vita dans la vie réelle, va alors  « virtualiser » sa passion pour son amante en donnant naissance à un personnage de roman (ORLANDO) qui est une vision fantasmée de Vita. Du vécu sentimental de Virginia naîtra alors  l’un de ses romans les plus célèbres.

 

Le livre de Christine Orban raconte l’année de création du roman et parle de " l’amour propre de l’écrivain…le seul qui soit sale".

 

La force du livre est de montrer non seulement la vie de l’écrivain aux cotés de son mari et éditeur Léonard Woolf, mais aussi le douloureux travail de création de Virginia Woolf. Elle n’existe que par ses livres, qui sont à la fois la cause et l’antidote à sa folie.

Elle écrit dans la souffrance mais dans l’exaltation avant de sombrer dans la dépression, Virginia souffrant d’une forme  de  psychose maniaco-dépressive, aujourd’hui on parle de troubles bipolaires : «  Elle mesurait combien le bonheur lui était artificiel et le désespoir lui était naturel. Ses moments de répit étaient déjà une conquête : guettée par la dérive, elle s’éloignait insensiblement des réalités qu’elle ne percevait plus que volées de tristesse ».


L’écriture de Christine Orban est belle, imagée, toute en retenue et en finesse, explorant la psychologie féminine (comme souvent dans ses livres). C’est à travers l’opposition des deux  personnages que l’auteur tisse son récit. C’est un plaisir à chaque page, sans tapage ni effet de style : « Virginia n’avait eu ni son enfance ni son argent, elle se contentait de son imagination, de l’illusion pour faire danser le monde avec toute la nostalgie de celle qui écrit, parce qu’elle ne peut pas vivre ».

« Vita se disait qu’elle aussi la transformerait bien en personnage de papier pour lui dérober son âme, les livres existent pour cela »


Il y a dans «  Virginia et Vita » de la profondeur, des sentiments, de la justesse, de la passion, de l’écriture…il y a l’essentiel et c’est passionnant de bout en bout. C’est l’hommage de la romancière à l’écrivain hors normes qu’était Virginia et l'hommage de la femme à ces 2 femmes ecxeptionnelles.

 

Pour terminer, ce passage que j’aime particulièrement : « Jamais plus, jamais plus, voilà les mots cruels qui devaient envahir sa tête. Mots pestiférés, qui contaminent le dictionnaire tout entier ; les paroles les plus gaies accompagnées de « jamais plus » deviennent sinistres à pleurer. Jamais plus de thé, jamais plus de promenade, jamais plus d’amour. Jamais plus n’est l’ami que des pages les plus sombres d’une vie »

 

Dans mon prochain article, je parlerai de Virginia Woolf elle-même.

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

Asphodèle 17/04/2012 23:30


J'ai fini mon billet, ffffiiou, j'ai pris ton lien et je programme et je vais au lit ! Bisous swappé !♥

Mind The Gap 18/04/2012 08:09



Je vais venir voir ton billet...bisous post swap !



Asphodèle 04/04/2012 16:50


Soène ! Il est zaloux ton binômet !!! Il dit que je vais enfler des chevilles ! Pas de souci, j'ai la cheville très très
fine et si elle gonfle on ne le verra même pas ! Na ! En même temps je ne suis pas forcément une référence "universelle" hein !!! Il y a aussi la subjectivité dans la lecture, ne l'oublions
pas... Mais je t'aime ma Soène !!!♥♥♥

Mind The Gap 04/04/2012 22:14



Ecoute c'est ainsi :il ya l'échelle de Richter pour les tremblements de terre et l'echelle Asphodèlienne pour les tremblements de mots...Soène à raison mais tu es trop jeune pour être une
référence...



Bettina 04/04/2012 00:24


Billet qui donne envie de lire ce récit!J'aime beaucoup Virginia Woolf.


Je reviens de loin, n'ayant pratiquement plus de temps à moi... je passe donc en vitesse faire un petit coucou amical.


Bettina

Mind The Gap 04/04/2012 08:38



Merci de ce coucou amical...je passe aussi moins de temps sur les blogs en ce moment.


Si tu aimes beaucoup Virginia Woolf, mon prachain article lui est sonsacré...quel livre de Virginia  est le plus facile d'accès selon toi??



Soène 03/04/2012 12:07


Que dire après Aspho ?...
Moi aussi, j'adore te suivre dans ta vie perso par ton blog-it ! Hé, dis-moi, là, tu tombes le masque
Je ne peux pas faire ça chez CanalBlog...

Pour ta lecture, c'est trop costaud pour moi l'apprentie lectrice ! Ton billet est excellent puisque tu donnes envie à Aspho ! Pour moi, c'est une référence, Miss Aspho !
Je trouve qu'il y a une belle activité variée sur ton blog et dans ta vie de tous les jours ! 
J'attends un billet sur ton goûter littéraire...
Bon appétit et bises de ma tour !

Mind The Gap 03/04/2012 17:33



Attention...miss Aspho va gonfler des chevilles...mais tu vois c'est un livre qui se lit très facilement et même sans connaître ou avoir déjà lu Virginia Woolf...


Bises et bonne soirée



Asphodèle 03/04/2012 10:55


Comment ça je me moque de toi ? Mais pas du tout voyons ! Je...souris...et je constate que tu es un petit gourmand !^^ Mais par les temps qui courent, souligner que tu travailles 35 heures est
quand même un exploit pas donné à tout le monde !! ;)

Mind The Gap 03/04/2012 17:31



Ta Ta ta...je sens une once de moquerie...le travail est un exploit sans cesse renouvelé mais Pascal disait que c'est le seul moyen de ne pas devenir fou...mais il n'existait pas les blogs à
l'époque !



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