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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:39

WoolfQu’est ce qui fait qu’on s’intéresse à un destin plutôt qu’à un autre, à un écrivain plutôt qu’à un autre, à une femme d’exception plutôt qu’à une autre ?

Parfois pas grand chose.

Je vais vous parler de Virginia Woolf, vous ne  pourrez pas m'accuser de faire commercial sur ce coup là...

 

Je suis assez fasciné par Virginia Woolf et pourtant je dois confesser n’avoir  rien lu d’elle.

J’ai essayé de lire  « La promenade au phare » mais je n’ai pas tenu plus de cinquante pages.

De même, j’ai chez moi l’intégralité de son journal intime, un livre magnifique qui retrace presque toute sa vie mais là aussi j’ai capitulé, provisoirement.

 

Une amoureuse des mots m'a dit un jour que Virginia Woolf et Henry James, étaient impossible à lire à nos âges, qu’il fallait garder ça pour nos vieux jours…elle avait raison et j’ai bien l’intention de réessayer plus tard.

Alors pourquoi parler ici de Virginia et comment j’en suis venu à m’intéresser à elle?

 

Parfois il suffit de quelques éléments  : d’abord elle est anglaise et j’ai traîné dans le quartier de Knightbridge , près de Hyde park où Virginia à grandit.

Ensuite je trouve son nom extraordinaire à entendre : Virginia Woolf.

Son mari Léonard Woolf,écrivain et éditeur,  l’a accompagnée jusqu’à sa mort, l’a soutenue et soignée lors de ses nombreuses crises de démence et ses internements et a publié avec elle ses principaux romans, à compte d’auteur.

 

Après, il y a le film de Stephen Daldry « The hours » sorti en 2001 qui raconte le portrait croisé de trois femmes à trois époques différentes. L’une de ces femmes  est Virginia Woolf juste après la sortie de son roman « Miss Dalloway ». J’avais adoré ce film.

 

Enfin il y a une chanson de Mylène Farmer que j’aime tout particulièrement et qui lui rend hommage :« Dans les rues de Londres ».

 

Au final, il y aune vraie curiosité et une vraie admiration pour cette femme, avant-gardiste et féministe, attirée plus par les femmes que par les hommes, marquée par des souvenirs d’enfance à la fois heureux et très douloureux, par la mort de ses parents puis  par la dépression et les troubles bipolaires  sévères. J’ai l’impression que seule  l’écriture lui aura permis (avec le soutien de son mari et de ses amies ou amantes) d’arriver à l’âge de 59 ans. Ecrire était vital, une question de survie et par conséquent,  son écriture était sans la moindre concession, une douleur écrite et poétisée.

 

Virginia Woolf se suicide en 1941. Elle remplit ses poches de pierres et se jette dans la rivière Ouse, près de Monk's House, sa maison . Je pensais qu'elle s'était jetée dans cet océan qu'elle aimait tant mais il s'agissait en fait d'une rivière.

Elle laisse une note à son mari : « J'ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m'en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m'as donné le plus grand bonheur possible... Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »


Virginia Woolf laisse une œuvre riche, torturée, émouvante dont je n’ai pas réussi à m’imprégner jusqu’ici mais cette femme est une icône de la littérature anglaise du vingtième siècle et une icône tout court.

 

Voici quelques unes de ses pensées…

«  La vie est un rêve, c’est le réveil qui nous tue »

«  Aucun de nous n’est complet en lui seul »

« Il y a une solitude même entre mari et femme, un gouffre ; et cela on doit le respecter »

« Chacun de nous a son passé renfermé en lui comme les pages d’un vieux livre qu’il connaît par cœur mais dont ses amis pourront seulement lire le titre »

«  La beauté du monde qui est si fragile à deux arêtes, l’une de rire, l’autre d’angoisse, coupant le cœur en deux »

« La seule vie qui soit passionnante est la vie imaginaire »

 

Pour terminer, voici " Dans les rues de Londres", chanson hommage à Virginia.

 


Réduire la vie à...
Des formules indécises
C'est bien impossible,elle
Tu vois, se nuance à l'infini
C'est comme une lettre
Qui s'est écrite à l'envers...
Coule dans ma tete
Un monde fou qui veut naitre

Mais tu sais ,son ame est belle
Dans les rues de Londres
J'ai puisé plus de lumière
Qu'il n'ent faut pour voir...
Dieu a des projets pour elle
Et les rues de Londres
Soufleront sur des mystéres
D'une autre fois...
Virginia

Je remets ma vie à...
Un plus tard abandonné
Pour simplement vivre
Tenter d'a...tteindre une humanité
Des lambeaux de terre
Me regardaient disparaitre
Et, parmi les pierres
Je vivais et j'espérais, tu sais

 

Mais tu sais ,son ame est belle
Dans les rues de Londres
J'ai puisé plus de lumière
Qu'il n'ent faut pour voir...
Dieu a des projets pour elle
Et les rues de Londres
Soufleront sur des mystéres
D'une autre fois...

Pas cette fois...
Virginia

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Published by Mind The Gap - dans Chroniques de livres
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commentaires

© Humour de ma nuit 09/04/2012 13:19


Elle fait partie des auteurs que j'aimerais lire car j'avais lu Toute passion abolie de Vita Sackville West et leur univers m'avait attiré. Tout en tendresse et raffinement.


Sinon, la cloche est passée dans mon jardin et j'ai eu des chocolats de Neuville (noirs), c'était très bon ! et je suis à J-15 de mes vacances (j'en ai aussi besoin).


Signé Sushi Girl...

Mind The Gap 09/04/2012 21:01



Alors je te conseille de lire Virginia et Vita de Christine Orban ( j'ai fait une chronique dessus...) qui relate aussi leur univers...


Tu pars au Japon pour tes vacances??


Biz.



Valentyne 06/04/2012 12:39

Un billet très intéressant où j'ai appris plein de choses ;-) notamment l'origine de cette chanson de Mylène Farmer que j'aime beaucoup. Sinon V Wolf est une lecture qui ne me tente pas trop , plus
tard peut être.........

Mind The Gap 06/04/2012 16:32



Moi elle me tente, c'est cela le pire puisque je n'y arrive pas.


Beaucoup de chansons de Mylène Farmer font référence à ses lectures...pas les plus connues mais souvent les plus belles.


Bon week-end.



Soène 05/04/2012 13:17


Une question me vient subitement à l'esprit : est-ce le génie qui fait sombrer dans la folie ?... Beaucoup de peintres, d'écrivains, de chanteurs en passent par là...


Je ne connais pas "ta" VW ! Et alors, si je suis ton raisonnement, j'suis bien trop jeune pour m'y coller  Dans 20
ans peut-être... mon espérance de vie qui se sera encore allongée me permettra de combler cette lacune !


Bises de ma tour

Mind The Gap 05/04/2012 16:17



Oui soène...les grands bipolaires sont des souvent des créateurs géniaux. Je t'ai épargné Virginia Woolf pour le SWAP...je te le réserve pour tes vieux jours alors...


Bises vers ta tour !



bettina 04/04/2012 19:58


 


j'aime pratiquement tout ce qu'elle écrit, mais j'ai surtout lu son journal (en tant qu'écrivain... très intéressant), et des essais comme Une chambre à soi... Pour les femmes, c'est une
révolution... pouvoir avoir son espace, pour penser, rêver, écrire... bref. Fondamentale, même si c'est une personnalité forcément en souffrance... on ne peut pas dire l'humain sans souffrior un
maximum, parfois deux fois plus que les autres... c'est ainsi. Et pourtant, ce sont les mêmes faits. Etrange... je crois que c'est la différence entre celui qui écrit et celui qui n'écrit pas...
le degré de "douleur"...


Bises


Bettina

Mind The Gap 04/04/2012 22:24



C'est une belle façon de voir les choses Bettina. J'essayerai à nouveau d elire son journal, notamment pour l'année de création d'ORLANDO puisque le livre de Christine Orban m'a donné envie d'en
savoir plus...


 


Bises !



fabry 04/04/2012 17:53


J'ai adoré " the hours"; je me souviens avoir pleuré tout le long du film , me semblant si proche de cette mère embarrassée dans cette vie étriquée qui ne sait comment en finir , de son fils
devenu adulte et souffrant encore des indécisions de sa mère  , et cela jusqu'au bout de sa vie ... 


J'ai lu Miss Dalloway à la suite du film  , et j'ai eu du mal  à accrocher !


Virginia Woolf reste un symbole pour tout le mouvement féministe mais aussi pour toute action  anticonformiste  , de nos jours l'anticonformisme a-t-il lieu d'exister et sous quelle
forme ? elle nous parle aussi de la difficulté d'être soi  , d'affirmer des choix , et cela n'a ni âge , ni époque .


Je pense parfois qu'il serait si simple d'être un animal , mais c'est bien parce que je suis humaine que je peux penser à ce choix et cela me ravit au final ... d'être une femelle... ( c'est pour
faire hurler...). 

Mind The Gap 04/04/2012 22:21



C'est clair que c'est pas facile d'accrocher du Virginia Woolf mais je vais réssayer un jour.


Cette femme restera une référence en beaucoup de domaines.



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