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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 00:12

myrtilles

 

Voici mon texte du jour pour la nouvelle édition de l'atelier d'Olivia.

 

Les mots imposés pour la 60ème de Des mots, une histoire sont : myriade – vide – lundi – (saturnale)s – grenouille – bulle – icône – silencieuses – astuce – savoir-vivre – valise – étourderie – soif – plaine – kaléidoscope – (syndérèse) – fièvre – trottoir – renverser – paupière – surprise

 

Voici donc mes myrtilles...

 

En ce mardi matin printanier, dès l’aube frémissante, j’arrivais le cœur léger, sur le site de Demoiselle Billington.

Et là, telle une  grenouille bondissante se faisant renverser par l’implacable semi-remorque avant d’avoir pu atteindre le trottoir  réservé aux batraciens volages, je constatais avec effroi que je n’étais pas le premier sur la liste à venir déposer le fruit de ma pensée.

 

En effet, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’une myriade de mots se trouvait déjà là alors qu’il n’était que six heures du matin.  C’est ma paupière gauche  rendue vaseuse par l’heure d’été qui, par un numéro de contorsionniste,  me  mit alors  la puce à l’oreille : le chef d’atelier, certainement  victime d’une étourderie  s’était trompée de jour et avait fait  une collecte  de mots anticipée au lundi matin !

 

Du coup, comptant déposer mes belles myrtilles dans le panier de récolte des mots,   je ressentais  un  vide immense.

 

Je me dis que notre icône belge avait craqué, qu’elle était en fuite  vers quelques frénésies bacchanales ou orgies saturnales, mais qu’avec son savoir-vivre habituel, elle  avait pris soin de nous laisser un dernier atelier avant de boucler sa valise.

 

J’étais dépité, j’avait préparé dans ma tête un kaléidoscope de mots et d’images en relation avec mes myrtilles…oh Waterloo Waterloo morne plaine…oh solitude humaine impitoyable !

 

La fièvre s’empara de moi au point de provoquer des bulles de sueur silencieuses et colorées.

Comment allais je  alors pouvoir participer à l’atelier du jour et par quelle astuce allais je pouvoir placer mes satanées myrtilles ? Moi qui avait une insatiable soif de création littéraire je me retrouvais le gosier à sec par la faute de cette Demoiselle Billington.

 

Mais un détail allait finir de m'achever : j’écumais de rage  lorsque je vis  soudainement  apparaître le mot « syndérèse » dans la liste.

Ce fut trop, je gobais méchamment  mes myrtilles et décidais sur le champ  de quitter ce lieu de perdition et de ne plus  revenir avant au moins la Saint Thérèse. (1) 

 

 

(1)  Ne vous réjouissez pas trop vite : la saint Thérèse est le 15 octobre mais ce texte est une pure fiction…

des mots une histoire

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 00:12

tempête

 

Voici ma participation à l'édition 59 de l'atelier d'Olivia, " des mots une histoire".

 Cette semaine il fallait composer un texte à l'aide des mots suivants :douleur – narcisse – irénisme – lilas – choix – fiançailles – mensonge(s) – forme – retour – diamant – photophore – tambourinage – branche – reflet – prisme – réitéré(e)(s) – espérance – papillon – souvent – purgatoire – désirable – série – folie – argentier – controverse – peine

 

Comme il y a 26 mots, l’un pouvait être abandonné : par le plus grand des hasards, j'ai laissé dans la forêt sans semer de petits  cailloux pour le retrouver, le mot " irénisme...

 

Voici Cassandra...

 

Je passe  mes week-ends,  mes vacances, et tout mon temps libre dans cette minuscule maison en pierre de taille, héritée de ma grand-mère. Solitaire. Ceci dit, je crois pouvoir dire sans controverse que ce que l’on nomme le temps libre n’est rien d’autre qu’une somme de contraintes que l’on s’impose pour ne pas avoir à payer l’addition et sombrer dans la folie.

Cette maison asymétrique  est au bout du monde, face à l’océan. Ses volets  bancals couleur lilas sont le reflet de mon existence biscornue.

 

Avant "Elle" ,  ma vie n’avait été qu’un long point d’interrogation. Depuis que je l’ai  aimée et perdue, j’ai choisi cette forme de purgatoire iodé. Je n’ai jamais eu le courage ou la lâcheté de passer du point de suspension au point final.

 

Les autres disent que c’est mon choix et qu’il faut respecter cette volonté d’isolement sans retour. Ils ne comprennent  pas ce que peut  être le manque et le renoncement mais ça les arrange bien de me laisser en paix.

 

Je repense souvent à ce mardi de décembre où Cassandra a réduit à néant toutes mes espérances. Elle était la plus désirable et la plus sensible des femmes, celle qu’on espère toute sa vie durant. C’était ma jumelle de cœur à défaut d’être celle de sang . Et quand bien même : je l’aurais alors aimé incestueusement si elle avait voulu de moi.  J’aurais pris ma sœur de toute mon âme.

 

Cassandra avait un diamant à la place du cœur ce qui la rendait la plus précieuse et la plus dure des femmes. Elle avait rompu ses fiançailles et vivait avec moi le mensonge d’une relation platonique. Ce mardi là,  lorsque je lui ai dit que je voulais l’aimer le jour et  la nuit, mélanger les plaisirs charnels aux plaisirs sémantiques, j’ai compris  à travers le prisme de ses yeux océan  que je venais de transformer le rêve en non-réalité.

Je rêvais de « planter des narcisses dans ses gerçures » (1) mais à cet instant j'ai su que  jamais je ne les verrai fleurir .

 

Malgré tous les mots d’amour réitérés Cassandra à fuit à jamais.

 

Au début j’ai avalé peine, douleurs, larmes et frustrations. Mais avec le temps, anorexique des sentiments, j’ai appris à les vomir.

 

Cassandra à soufflé la bougie, ci gît le photophore de notre rencontre. Qu’importe : je l’ai remplacé par deux lampes tempêtes qui accompagnent  la lanterne du phare quand je sors respirer la nuit d'embruns.

 

J’ai appris à vivre sans elle. Notre histoire s’est transformée en boites à archives stockées dans l’argentier en chêne massif se trouvant dans la petite chambre de la maison.

 

Il y a douze ans, le simple battement d’aile d’un papillon  aurait brisé le fil qui me reliait à la vie. Aujourd’hui, je suis posté sur une branche solide et aucun tambourinage ne la fera plier.

 

Je ne connaîtrai pas la loi des séries des déceptions amoureuses. Je me suis retiré de la vie sentimentale, je ne souffre plus. Demain j’irai cueillir des jonquilles sauvages et je les replanterai dans le petit jardinet, adossé au  mur, bien à l’abri du vent…

 

(1) j’ai emprunté ces mots à Dimoné, dans sa chanson « Les narcisses ».

 des mots une histoire

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:25

romantique 1Il est 12h12 , je suis à Londres dans un de ces fameux taxis noirs et je roule vers mon destin.

On n' échappe pas à sa destinée, certains rendez-vous sont inratables, immanquables.

Je viens d’avoir 49 ans, dans un an je ferai officiellement partie des seniors…mais qu’importe, ce soir est un grand soir, ce soir est le grand soir.

 

Il y a 8 ans, j’ai ouvert un blog sous le pseudonyme de Mind The Gap. Au départ, j’écrivais des petits articles puis des petits textes à travers des ateliers de création littéraire. Je me suis pris au jeu, j’ai écrit des textes un peu plus longs, des petites nouvelles parfumées à l’eau de rose.

J’ai remporté 2 ou 3 prix dans les concours  organisés à Trifouilli Les Olivettes (3 primés pour 12 participants dont 5 idiots du village…). J’ai reçu les encouragements de ceux qui m’aimaient ou avaient pitié de moi.

J’ai persévéré, j’ai suivi d’autres ateliers littéraires en compagnie d’auteurs pour aboutir à un projet d’édition d’un recueil de nouvelles.

Je suis arrivé au bout de mon manuscrit, et j’ai tenté vainement de le faire éditer. Je l’ai intitulé  «  ôde aux princesses tristes ».

Au bout du 35 ième refus j’ai décidé d’arrêter de détruire des arbres innocents et j’ai auto édité ma verve écrite. De toutes façons, j’ai toujours été un incompris, je suis né comme cela.

J’ai fait tous les salons du livre, les foires aux écrivains, j’ai fait de la publicité sur mon blog, à mon travail… à l’époque j’en ai vendu 88 sans compter ma mère, mon épouse, Soène et Asphodèle qui ont toutes une dédicace collector aujourd’hui.

 

L’eau a coulé sous les ponts, j’ai toujours cru à mon talent d’auteur et je rêvais de consécration. Alors puisque les autres n’avaient aucun goût, j’ai décidé de passer en force.

J’ai répondu à une annonce lancée par un collectif proposant des méthodes clés en main pour produire et se faire éditer. Ils m’ont obligé à rester dans les romances à l’eau de rose.

J’ai notamment rencontré l’ex agent de Marc Levy, qui vit aujourd’hui avec l’ex agent de Guillaume Musso : les 2  amants m’ont révélé les travers et les méthodes d’écriture de leur ex patrons. Dans le collectif il y avait aussi le nègre de ….et de…et aussi de….Sans compter les scientifiques ayant mis au point un logiciel destiné  à générer des best sellers. Bref j’ai appris à devenir un requin des histoires guimauve. La machine était lancée, plus rien ne pouvait m’arrêter : j’ai dit adieu à Mind The Gap et  Jimmy Lover est né.

 

 Ma première histoire a été publiée chez Hard coquin éditions, elle s’est vendue à 10000 exemplaires. Depuis j’ai signé un contrat d’exclusivité avec Hard Coquin, je dois livrer 3 livres minimum par an…et ça marche du feu de Dieu.

 

J’ai reçu des centaines de lettres d’admiratrices, et mon épouse a fini par me quitter, ne supportant pas l’intérêt croissant auprès des midinettes. Pourtant les lectrices de mes livres ne sont pas toujours de prime jeunesse ni de prime beauté. Elle vivent dans leur rêverie amoureuse et le passage à l’acte est limité. Bon j’avoue avoir réussi à coucher avec 2 ou 3 qui ressemblaient à des princesses tristes mais j’ai vite déchanté à ce niveau là.

 

Je ne me plains pas, je travaille 3 heures par jour au maximum, mon assistante s’occupe de la logistique et des premières corrections, de la mise en forme. Mon travail s’arrête là.

Puis Asphodèle corrige mes manuscrits : son tarif est de 3 livres aux 100 grammes de mes pages. Ses 2 premiers romans ont rencontré un beau succès mais elle continue ses chroniques sur son blog.

Je suis ravi de cette collaboration d’autant qu’elle me fait l’amitié de ne jamais parler de moi sur son blog. Tout au plus, elle  rajoute dans mes textes  des imparfaits du subjonctif ou d'autres temps d'un autre monde,  que je ne vois pas puisque je ne relis jamais rien ensuite. Au moins je suis certain que mes textes sortent de chez elle  plus que parfait...même si cela reste subjectif.

Soène est ma première lectrice, et à ce jour elle m’adresse encore la parole malgré certains passages un peu chauds…mais peut être qu’à la fin de ce texte je n’entendrai plus jamais parler d’elle...

 

Donc tout va bien pour moi. Jimmy Lover est au top de sa forme Je vis très bien de mon art et je mène une vie des plus agréables.

Certes, je n’ai plus d’épouse et ma fille considère que je suis un pauvre type mais j’ai encore quelques midinettes qui me trouvent séduisant…je n’ai pas  besoin de recourir à l’amour tarifé. Je lis, je voyage, je glande et j’écris.

 

Mais vous devez vous demander quel est le lien avec ce taxi Londonien dans lequel je suis :  il y a 6 mois, après avoir franchi le cap des 250000 livres vendus, j’ai enfin obtenu la consécration que j’attendais. A défaut d’être reconnu à ma juste valeur, je vais  faire aujourd'hui la rencontre de ma vie . Enfin.

 

Au bout de la route, dans un endroit tenu secret,  moi et quelques rares confrères internationaux édités chez  Hard coquin ,  allons être consacrés devant l’éternité. Je n’exagère pas, mon cœur s’emballe et virevolte alors que je suis maintenant arrivé à destination.

Oui ce soir, je vais enfin la rencontrer. Je lui dois tout ou presque, elle est ma muse, ma raison d’écrire et de vivre, l’explication à mon destin hors du commun.

Je l’ai toujours connue sans le savoir.

 

Je vais enfin la voir, hélas pas en chair et en os, mais en os et en os!

 

Devant moi , et presque uniquement pour moi, se trouve exhumée pour l’occasion, Barbara Cartland…(1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

barbara

(1) on évalue à un milliard le nombre d’exemplaires vendus par la dame en rose disparue en 2000

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 00:12

femme mer

 

Voici ma participation à l’atelier animé par Olivia.

Les mots imposés pour l’édition 57 de Des mots, une histoire sont : automne – nord – chauffeur – ceux-ci – amandier – crayon – page – maison – chantier – ventripotent – azur – philosophie – rubicond – apologie – princesse – rose – bananier – clavier – nid – ruiner – harmonica – coquelicot – magnétique – beurre – comédie

 

Une princesse...

 

Je suis une princesse. Je rêve d’un nid d’amour douillet au sein de ma maison.

J’ai peur, je crève de peur.

Je fuis les autres, tous ces niais,  tous ces males ventripotents au visage rubicond, ces obsédés du bananier. Je me sens sale quand ils me regardent. Ceux ci ne voient rien  au travers de mon regard azur.

 

Pourtant je brûle de désir, j’ai envie d’un prince.

J’ai peur, je fuis, je me fuis.

Quand je suis obligée de m’atteler au chantier des relations humaines, je tremble intérieurement. Je suis en sueur dès qu’il faut convaincre,  séduire,  mais je suis une princesse alors je souris: je fais illusion, j’amuse la galerie.

 

Je n’ai pas de philosophie je ne fais aucune apologie, la vie n’est qu’une grande comédie.

 

Quand je tape sur mon clavier, j’ère sur le net, j’ère dans ma tête. Je me réfugie dans les songes, dans les rêveries magnétiques, les chimères orgasmiques.

 

Je suis une princesse, je le jure, je veux ma part de  bonheur. Je ruine ma jeune vie, je dépose le bilan, je liquide le passé et je recrée mon existence.

Je rêve de robes roses, de bonbons mauves, de fleurs  écarlates, de vie multicolore.

Le rose est ma couleur, c’est celle du bonheur.

 

Je veux la mer, je veux l'amour , je veux les siestes sous les amandiers en fleurs, je  veux courir dans les champs de coquelicots et  peindre les belles matinées d’automne.

 

Je veux tout: le beurre et l’argent du beurre,  un crémier avec de jolies fesses roses et un visage d’ange. Je suis une princesse, je suis belle à faire peur. Je suis folle, je perds le nord, mais ma folie n'est pas déraisonnable, sauf pour les niais.

 

Je veux colorier les pages de ma vie au crayon rose, je ne veux plus jamais  d’ecchymoses. Je suis comme cet air d’harmonica dans « Il était une fois dans l’Ouest » sauf que moi je brûle intérieurement.

Pourtant, j’ai froid dedans.

j’ai besoin d’un chauffeur d’âme, d’un caresseur de courbes, d'un susurreur de flammes, d’un adorateur de demoiselle triste.

 

Je suis solitaire, la fuite est salutaire, pardonnez mon intrusion, je retourne dans ma prison.

 

Je suis une princesse.

des mots une histoire

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 00:12

ame soeurPoint d'atelier littéraire cette semaine mais j'ai néanmoins écrit une suite à mon texte de la semaine dernière que vous pouvez lire ici.

Justine et Jade sont de retour.

 

Douze  mois se sont écoulés, Justine et Jade ont aménagé dans l’appartement situé au dessus du restaurant où Justine  travaille. Jade accompagne les touristes dans des randonnées et des sorties « nature et culture ». Jade aime les belles choses, la nature. C’est pour cela qu’elle aime Justine. Justine aime la candeur et la profondeur, c’est pour cela qu’elle aime Jade.

 

Justine, la bouillonnante excentrique, et Jade, l’introvertie torturée, ont commencé à peindre la toile blanche de leur histoire commune. Leurs vies se sont colorées et leur bonheur visuel  se traduit par une osmose spirituelle et physique. Les cigales complices chantent à tue tête les soirs d’été pour protéger leurs ébats des oreilles mal intentionnées.

 

Dans la petite ville, les deux jeunes femmes sont été plutôt bien accueillies pas les autochtones.

Il faut dire que les habitants des villes provençales  ont déjà vu débarquer les Parisiens et les Anglais en quête de campagne française authentique. Ils sont vaccinés.

 

Bien sûr, Justine et Jade ne passent pas inaperçues et les vieilles bigotes des lieux se signent à leur passage en évitant de croiser leur regard. Est ce pour sauver leur salut éternel ou celui des deux amoureuses ?  Nul ne le sait.  Justine ne comprend pas comment on peut encore croire à ce ramassis de foutaises en 2012. Quand elles croisent les vieilles drapées de noir, Justine en profite alors pour donner un doux baiser à  la pudique Jade qui systématiquement  voit ses taches de rousseur s’empourprer. Justine est une prêtresse. Sa croyante, Jade,  a perdu ses parents très tôt et s’est déjà sentie suffisamment désespérée pour se raccrocher à Dieu. Elle sermonne Justine entre deux baisers.

 

Justine, l’enfant gâtée élevée dans une famille bien pensante aurait sûrement préféré être orpheline. Ses parents ont rejeté Samuel, le grand amour de Justine et lorsque celui si l’a quittée, ils n’ont rien trouvé de mieux que de lui dire : « tu vois on te l’avait bien dit ! ». Ses parents n’ont pas compris  non  plus sa période estampillée « collection automne hiver d’ aventures sans lendemains ». Et aujourd’hui le fait que Justine pose durablement  ses lèvres sur celles d’une autre femme l’ a définitivement séparée de sa sainte mère . Peu importe ! Qu’elle soigne  désormais  son ulcère  dans son coin! De plus,   cela lui donnera l’occasion d’avoir quelque chose de croustillant à raconter à son psy. Pour l’anniversaire de mariage de ses parents, Justine a  simplement préparé une compilation de toutes les chansons consacrant les amours du même sexe, à commencer par celle d’Aznavour que son père adorait…jusqu’au jour où la bonne parole était devenue une réalité familiale.

 

Jade, romantique nymphe au cour d’artichaut et Justine, pin-up sexy au cœur meurtri se sont rencontrées. La probabilité de croiser son âme sœur est très faible. Lorsque le destin permet qu’une telle évidence se matérialise, on devrait écrire des mots d’amour en lettres roses  et les envoyer dans les nuages...surtout quand l'âme aime sa soeur et vice versa.

 

« Vice et vice et versa, Justine dans le vice versa, da da dap dap ! »

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 00:12

lavande

 

Voici ma participation aux plumes de l'année édition des mots en N.

Les mots à utiliser aujourd'hui sont : nouvelle – notoire – nigaud(e) – nature – nuance – nacelle – neutre – noix – naufragé(e) – nuage – nirvana – nana – nymphéa(s) – nouille – noble – noise – nitrate – nenni – noctambule – neuf –

Je dédie ce texte à nos bourreaux...


  J’avais 28 ans ,  et jusqu’à ce jour de juin, la vie s’écoulait paisiblement, neutre et sans nuages, un peu fade mais reposante. Le soleil brillait et la lavande embaumait les champs voisins.

J’étais dans ma voiture, je sillonnais ma  Provence natale, j’écoutais la radio, j’entendais « les ombres se chinent à me chercher des noises », j’étais détendue, en phase avec moi même, ouverte au flirt et au soleil.

 

J’avais rompu avec ce pauvre type d’ Arthur et définitivement avec le pauvre genre humain de type masculin. Depuis 3 mois je pouvais tous les soirs manger des nouilles sans avoir dans mes pâtes un nigaud pour me casser les….oreilles (Hey !!  what did you expect ?) .

 

Franchement, vivre avec un mec égoïste qui passe son temps à reluquer les seins des pétasses blondes, que nenni !

Il est notoire d’assimiler les blondes à des pétasses ce qui est stupide car non seulement  tous les goûts sont dans la nature, mais encore les blondes sont aussi  des femmes.  Je suis brune aux yeux bleus  alors ça m’arrange bien de le dire, n’attendez pas de moi une quelconque solidarité féminine, elle n’existe que dans les magazines.

 

Mais je sens que je m’éparpille...alors j’en  reviens à Arthur : recommencer avec un homme  qui me ferait l’amour sans utiliser son cerveau , sans la moindre nuance, était désormais  au dessus de mes forces. J’avais décidé de revenir à mes premières amours,  de me trouver une belle nana aux yeux de porcelaine, qui   saurait me faire atteindre la nirvana de manière noble et sensuelle.

 

J’avais besoin de sucré et de salé, de nitrates et de guimauves, de caresses et de sauvageries, de noix et de chamallow  et seule une femme pouvait m’apporter ces sensations là.

Donc, ce jour là, je parcourais la Provence au volant de ma mini couleur nougat,  avec l’œil neuf du naufragé qui sent confusément approcher l’île salvatrice.

 

C’est alors que la vis, elle faisait du stop, légère et très court vêtue, s’appelait Jade (et moi Justine), était rousse  et avait du temps à perdre. Je la pris dans ma mini et lui proposais de nous envoyer en l’air sur le champ.

 

Jade fit  en effet  avec moi son baptême de montgolfière (Hey !! what did you expect ?)  et à mon avis, le pilote du seul objet volant identifié  que l’on ne peut diriger (comme nos vies)  n’oubliera jamais l’érotisme torride qui se dégagea de Jade   lorsqu’elle enjamba la nacelle pour monter dans l’engin.

 

Et aujourd’hui me direz vous ? Jade est mon amour,  cette nymphe est à (1) ma vie noctambule  ce que les étoiles sont au ciel nocturne…mais chut, c’est juste entre elle et moi, je vous laisse imaginer nos ébats...

 

(1) nymphéa 

 

plûmes de l'année

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 00:12

lisa 3

 

Voici mon texte pour l'épisode 56  de l'atelier d'Olivia : " des mots une hsitoire".

 

Les mots imposés cette semaine  sont : grillage – chat  – apesanteur –  chant – contexte – plume – couffin – barbouillages – croquis – enfant – lame – livre – vertige – saigner – chapon – climatique – catalogue – match – roboratif – sangloter – allumettes – mouchoirs – enfance – préparation – délicieux.

 

Ce texte est la suite de Mathilde que vous pouvez lire ici.

 

Au bout d’une heure  de route, Louis s’enfuit de ses rêves et de la voie rapide et retrouva sa maison en proche périphérie de Rennes.

C’était  mardi soir et Louis avait oublié que Pénélope était à son cours de cuisine hebdomadaire, probablement en train de concocter un chapon aussi roboratif que farci. Le croquis du plat dessiné par son épouse et affiché dans l’entrée le mit en appétit.

 

Il se dirigea vers son bureau installé sous les combles, bercé par une sorte d’apesanteur, encore ampli de l’évocation de Mathilde mais pressé d’étreindre Pénélope dès son retour de cette improbable échappée culinaire. Louis se dit qu’il allait rajouter quelques réalités virtuelles à son livre en cours d’écriture lorsqu’il  aperçu soudain un petit mot de son épouse.

 

Mon amour,

 

Je sais que le contexte de la disparition de Mathilde est une énigme et un crève-cœur pour toi.

Ta sœur m’ a un jour demandé de te remettre cette lettre au cas il lui arriverait malheur. J’étais très étonnée de cette démarche étant donné son jeune âge mais je ne lui ai pas posé de questions. Mathilde et moi nous aimions beaucoup, elle m’a simplement dit que je saurais lorsque le moment serait venu de te remettre ses mots. Le moment est venu, ce bébé en préparation, mélange de toi et moi doit te permettre d’affronter ce que Mathilde avait à te dire.

Je t’aime, je reviens vite, je suis là…

 

Louis fut pris de vertige à la vue de l’enveloppe mauve sur laquelle Mathilde avait sobrement indiqué à la plume : «  A louis ». Il la décacheta  avec beaucoup d’émotion et de recueillement, comme on enlève  pour la première fois les artifices en dentelle d’une femme qu’on aime de tout son être…

 

Louis,

 

Te souviens tu dans notre enfance lorsque  Fripouille le chat escaladait le grillage bleu du pavillon, assorti aux hortensias ? On le récupérait en hâte et on le déposait dans un couffin moelleux pour qu’il n’ait plus jamais envie de s’échapper.

J’ai croisé l’amour mais je n’ai pas réussi à trouver de couffin pour le retenir. Il s’appelle John, un anglais baroudeur et bourreau de coeur, venu par bateau d’un coin sauvage des Highlands. Je l’ai aimé follement, j’ai vécu avec lui une passion délicieuse et dévastatrice. Ma vie d’alors était semblable à celle d’une allumette, je me suis embrasée de tout mon être, j’ai consumé  inexorablement mon existence à ses cotés. 

Je voulais le chérir pour l’éternité, je voulais un enfant de lui, je voulais tout en somme.

Un matin il est reparti, sans laisser d’adresse, sans explications, laissant en moi le chant de nos 2 corps qui gémissaient à l’unisson.

L'allumette n'était plus que cendres...

La seule façon de pouvoir vivre avec une lame plantée entre mes 2 poumons était d’être figée pour toujours, or la vie ne vaut que lorsqu’on peut virevolter et inventer de nouvelles cabrioles. Seules les conditions climatiques torrides valent la peine d’être vécues, pas la tiédeur.

Je vais t’épargner le catalogue de mes souffrances, j’ai simplement décidé  un beau jour d'arrêter de  saigner.

John est parti par la mer, alors moi aussi : j’ai perdu le match Louis mais je t’assure que je me suis battue, j’ai nagé jusqu’à l’épuisement, les yeux tournés vers l'angleterre...

Je te revoie petit  en train de sangloter et  tes larmes  transformaient  alors  tes dessins en barbouillage. Je t’en prie, tu es devenu bien grand,  laisse tes mouchoirs au placard, sois heureux auprès de Pénélope, ne barbouille pas votre toile commune.

j’ai été heureuse avec John et  au moment de mon dernier souffle, je sais que j’aime, je sais que j’aime.

Pardonne moi le mal que je t’ai fait,

A toi pour toujours,

Mathilde.

 

Louis était sous le choc, il réussit à se servir un verre en attendant le retour de Pénélope et de pouvoir réapprendre à réfléchir.

 

des mots une histoire

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 00:12

des mots une histoire

 

Voici mon texte pour l'édition numéro 55 de l'atelier proposé par Olivia: des mots une histoire.

 

Merci à tous et à toutes de vos commentaires enthousiastes autour de mon texte de la semaine dernière : cette semaine découverte de Germaine et Edouard...

 

 

Vous pensez peut être que la vie de couple   à pour but de chérir éternellement sa moitié ?

C’est  sûrement parce que vous ne connaissez pas encore  Germaine et Edouard :  S’il est vrai que le mariage  est une  montagne russe géante ,  cela fait bien longtemps que nos deux tourtereaux   se sont abîmés au fond d’un précipice nauséabond.

Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que je blasphème sur cette institution ? Ecoutez la conversation que j’ai entendue depuis mon balcon…

 

-         Dis donc Germaine, j’en ai ras la casquette de manger du cassoulet en boite matin, midi et soir. En plus c’est pas bon pour ton excédent pondéral, tu ferais mieux de te mettre un peu au régime, ça te rendrait un peu plus excitante qu’une otarie vautrée sur son canapé!

-         Je vois que monsieur est de mauvaise humeur, mais sûrement pas autant que moi, entre tes ronflements frénétiques de sanglier et ton haleine de chacal  façon fromage avarié, je te prie de croire que niveau excitation c’est pas brillant non plus !.

-         C’est pour cela que tu te laisses pousser les poils sur les cuisses,  si tu veux ressembler à un cactus, ne t’étonnes pas que je dorme d’un sommeil profond quand vient la nuit.

-         Tu dors pas toujours d’un sommeil profond quand vient  la nuit :  la vieille pie du sixième, elle a les jambes douces ou c’est juste par charité chrétienne que tu vas la rejoindre ?

-         Yvonne est insomniaque depuis qu’elle a eu sa bronchiolite aigue, alors nous regardons ensemble les documentaires animaliers en buvant du café et tu le sais très bien.  D’ailleurs  ton ressenti et ta jalousie m’en touchent une sans bouger l’autre !

-         Espèce de porc lubrique, je sais bien que tu fricotes avec cette pouffiasse pour pimenter ta vie sexuelle mais vu la taille de ta queue de rat,  elle n' a  pas  besoin de mettre du gel pour se faire mettre dans toutes les positions !

-         Tais toi vieille sorcière, tu tournes tout en dérision, tu salis tout, c’est toi l’obsédée sexuelle, c’est sur que vu les couches de givre   qui se sont déposées entre tes cuisses, c’est pas du gel qu’il te faut , c’est carrément un marteau piqueur !

-         Ha il est beau l’Edouard et son ironie mordante, l’ancien colonel aux épaulettes qui dansait la sarabande pour me séduire, qui m’avait donné  tous ses galons en gage de son amour…si j’avais su.

-         Ha elle est belle la Germaine, la danseuse agile qui virevoltait sur la patinoire en m’envoyant des baisers fougueux…si j’avais su.

 

Vous voyez que je n’invente rien,  Edouard et Germaine sont mes voisins du dessus.

 

Mon grand père, me disait toujours qu’il valait mieux être seul que mal accompagné. Mais ce sont toujours les gens heureux en amour qui disent cela. Ne soyez pas trop sévère avec Germaine et Edouard…

 

 

Les mots imposés pour ce 55ème Des mots, une histoire étaient : cactus – documentaire – blasphème – chérir – pie – pimenter – matin – ressenti – gel – graine – bronchiolite – fromage – sarabande – mordant – gage – épaulette – dérision – givre – précipice – otarie – patinoire – nuit – excédent – frénétique

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:12

chapelle

 

Voici mon texte pour l'épisode 54 de l'atelier d'Olivia : des mots une histoire.

 

Les mots imposés cette semaine sont: erreur – tendresse – train – thorax – scolopendre – lutte – inconnu – inexorablement – boue – pavillon – compagnie – foyer – neige – étude – mésange – flocon – accoster – désorienté – parcours – tomate – chanter – gare – livre

 

Mathilde

 

Louis n’avait pas pu sauver Mathilde, sa sœur cadette. Il y a 3 ans maintenant, elle avait choisi d’en finir et s’était donnée corps et âme à cet océan qui la fascinait tellement. Elle aurait pu vulgairement se tirer une balle dans le thorax mais elle avait préféré suivre les traces de Virginia Woolf , en finir avec le mensonge et s’offrir  le grand saut, ou plutôt le grand plongeon vers l’inconnu.

 

Louis préférait dire qu’elle avait lutté vainement pour essayer de rejoindre l’Angleterre sans escale, sorte de tour immonde en solitaire.

 

Il n’avait pas voulu revendre le pavillon hérité de leurs grands parents d’où Mathilde s’était élancée lors de  son dernier parcours. Il était trop attaché à cette maison, à ce trait de côte sauvage et mystique , aux falaises balayées par les flots, aux roches déchiquetées et désorientées par la fureur des vagues. Inexorablement, le vent s’engouffrait dans le clocher de la chapelle désaffectée et parfois la cloche retentissait mélancoliquement . Louis imaginait alors que l’âme de Mathilde se rappelait à son bon souvenir.

 

Ici , dans cet endroit magique de Bretagne, aucun  risque de voir accoster des paquebots géants de croisière, sorte de méga boites de conserves pour haricots plus trop verts en mal de voyage, proposés par des compagnies aux ambitions pharaoniques. Aucun risque d’être envahi par une horde de touristes. Pas de train , de gare,  ni d’autoroute, ici on ne pouvait arriver que par erreur ou pour réparer les erreurs de la vie.

 

En ce jour d’hiver, saison pour laquelle Louis avait le plus de tendresse, la bruyère de la lande environnante était  enlacée par son amant poudré :  les jours de neige étaient si rares qu’ils en devenaient exquis.

Louis pensait à Mathilde et se disait que sa vie avait été semblable à celle d'un flocon , elle était partie du ciel, avait connu une longue chute pour finalement s’écraser, mettant un point final à sa fragile suspension.

 

Il ne saurait jamais pourquoi Mathilde, pourtant plus proche des mésanges que des mouettes avait décidé ce jeudi là  de joindre son cadavre à celui des poissons dans cet amalgame de boue marine. Sûrement un chagrin d'amour trop fort pour elle.

 

Lorsque Louis écoutait chanter les flots depuis le haut du phare voisin, il s’imaginait Mathilde transformée en sirène et pouvait presque entendre sa mélopée envoûtante.

Heureusement, il avait lu l’histoire d’Ulysse et Pénélope,  son épouse, l’attendait à Rennes, travaillant sans relâche sur une improbable  thèse consacrée à la reproduction chez les scolopendres. Ainsi après chaque pélerinage  en solitaire auprès de sa sœur, il retrouvait son foyer avec bonheur.

 

Pénélope était sa vie, son amour, sa vitamine , son jus de tomate, sa crevette polissonne et friponne, sa dérobade aux yeux de jade, sa vie,  son oxygène, sa raison d’être.

 

En fermant le portail bleu assorti aux hortensias qui bordaient la maison,  Louis  se dit que s'il arrivait un jour  à terminer et à faire publier  le livre qu’il avait commencé , il le dédierait aux 2 femmes de sa vie.

 

 

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 00:12

lisa 4

 

Voici ma participation à l' atelier d'Olivia, des mots une histoire, volume 53.


Les 29 mots nominés sont : pamplemousse, bonheur, insomnie, feu, artifice, mensonge, niais(e), pelouse, tarification, irremplaçable, vamp, tourbillon, pierre, choix, abside, mousse, choeur, douceur, désir, chou, marmelade, trousser, perroquet, carrefour, bouquet, bas, lumière, désespoir, astragale  et hologramme.

 

Elle

 

Toi,  ton visage , éblouissant , charmant, poétique,   hologramme de mon désir, artifice de  mon bonheur , tourbillon de mon imaginaire,   création du divin, chimère du destin, réalité sur mon chemin.

 

Vous,  l’omniprésente absente , nuit d’insomnie, infusion d’astragale , mon sang en marmelade,  désespoir irremplaçable,  lumière du feu dans l’ âtre, espoir misérable, écriture vaine, faire rimer pamplemousse avec mousse , pelouse avec andalouse, l’esprit est riche, la rime est pauvre, la nuit est lisse, mon âme est votre.

 

Toi qui me console de toutes ces niaises, de toutes ces vamps, de toutes celles qui biaisent, des discours mièvres , des pensées tièdes , des esprits vides, des corps livides, des qui répètent ,  perroquets sur pattes  qu’on trousse à la hâte, sans même effleurer le bas de  leur bouche , pauvres tarifications de nos orgasmes.

 

Vous , ma vie, mon aimée, ma seule chapelle, pierre fondatrice de mon  église, abside de ma vie des ordonnées,  enfant de chœur de mes célébrations, ma seule croyance, ma religieuse, ma divine, cristallisation de mes mensonges, carrefour de mes pensées, extase de mes fantasmes. 


Toi, mon chou, ma douceur, mon bouquet de senteurs, mon petit bout, ma charade, mon premier, mon tout,  ma dérobade aux yeux de jade.

 

Si vous avez aimé cette chose, peut être aimerez vous: A chacun son ailleurs


des mots une histoire

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