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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 00:00

plûmes epistolaires

 

 

Catégorie Roméo et Juliette

 

Premier épisode du nouvel atelier de création littéraire lancé par Asphodèle qui consiste à écrire une lettre dans une catégorie choisie. Je me suis positionné sur la catégorie " lettres d'amour". Ensuite, les diférents participants pourront répondre aux lettres des autres.

 

Ariane,

 

Sais tu pourquoi notre histoire  va se terminer tôt ou tard ? Parce que quoi qu’il advienne dans une vie,  on ne change pas. L’être humain est ainsi, je ne changerai pas et toi non plus.Quels que soient les évênements de la vie, la part d'ombre des êtres ne diminue pas.

Jamais je ne cesserai de t’aimer et jamais tu ne m’aimeras même chimériquement.

 

Tu apprécies la part de moi qui te protège , te chouchoute , t’enveloppe, ce que tu es incapable de faire toi même puisque tu ne te rends pas compte de la beauté qui  scintille en toi. Tu vis constamment sur ta réserve et mes mots te permettent juste d’avaler quelques kilomètres supplémentaires mais à quoi bon…ces douceurs ne sont qu’un pauvre carburant éphémère . Les sentiments ne sont pas inépuisables et mon énergie est de moins en moins renouvelable.

 

J’ai besoin de ta solarité dans mon quotidien, de croiser ton âme et ton regard tragique au moins une fois de temps en temps. Je suis incapable de donner sans recevoir car je suis égoïste comme tous les hommes. J’ai besoin de croiser tes mots, ta voix  et ta démarche guerrière et  irrésolue .

Pourquoi toujours te réfugier dans l’inconstance et l’instabilité puisqu’aucune d’elles ne t’a jamais rendue heureuse ? Pourquoi au fond ne pas vouloir me donner une petite part de toi-même, une simple micro- particule  de ton âme  me suffirait amplement..

 

Tu vois, ton amie Magali que tu critiques si souvent, elle n’a peut être pas grand chose de séduisant à offrir, mais elle sait donner, elle arrive à se faire suffisamment confiance pour cela. La générosité est aussi une question de constance.

 

Ariane, dis moi à  quoi te servent toutes tes richesses puisque tu ne t’en sers même pas dans ta propre vie?

Quand je pense que tu m’as reproché d’écrire régulièrement à Zoé comme si je te trahissais. Sauf qu’elle ,au moins, elle  est présente et me renvoie au moins du plaisir sémantique. C’est pour moi  un bonheur simple et magique : on dialogue, on communique, on partage, on fait tout ce que Toi et moi sommes devenus incapables de faire, à savoir faire vivre une relation au quotidien.

 

Tu m’as aussi tellement reproché de coucher avec des femmes rencontrées à la va-vite alors qu’il n’y a que lorsque je fais l’amour avec elles que je cesse de penser à Toi.

Or, nous ne ferons jamais l’amour Toi et moi, tu le sais bien  et ce constat me fait  plus mal que tous les échecs amoureux que j’ai endurés avant de te rencontrer.

Et toi qui passe ton temps à chercher un mec pour passer tes soirées loin de ton quotidien sordide, sans jamais l’assumer ni  forcément passer à l’acte.

 

 Je suis fatigué de t’aimer, plus rien ne m’apaise, ni cette mer turquoise et tourmentée que nous aimons tant, ni ces livres passionnants que tu m’as fait découvrir.

Oui Ariane, tu m’as sauvé mais cette rédemption s’est transformée en un véritable chemin de croix.

 

Ton absence est omniprésente, je manque d’air, je me désoxygène sans  Toi et pourtant je vais finir par prendre la large . Seras tu assez folle pour ne pas me retenir ? N’as tu aucune particule d’amour  à me greffer sur la peau, cet épiderme que tu n’auras jamais ni goûté ni  même frôlé ?

Prendras tu soin un jour, de Toi, de moi, de nous, de ce lien indicible qui nous unit, je n’ose pas dire unissait et employer le passé car le notre ne sera jamais simple.

 

Je vais prendre le large, je le sens, comme je sens que plus jamais je n’aimerai après Toi. Un jour tu te rendras compte que la liberté sans limites est une folie.

 

A Toi pour toujours .

S.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:54

mariagesVoivi un nouvel épisode des jeux d'écriture, celui  ci étant initié par Olivia que vous pouvez retrouver ici: link.

Les 23  mots à placer sont : traumatisme - encre - astre - 41 mots - effluve - flou - éléphant - rire - java - éternuer - piquer - flacon - fragrance - miel - étreindre - breloque - humeur - parachutiste - saut - potager - champ - temps - amoureux.

Chaque participant au challenge propose un mot puis propose un texte.

Le mien est ici, il s'intitule la noce champêtre....

 

Ils allaient tous deux, se suffisant à eux mêmes, heureux d’être toujours amoureux après tant d’années de vie commune. En ce samedi d’automne radieux, ils progressaient vers leur destinée, main dans la main, bercés par le roulis chaotique d’un tacot de collection.

Dans ce véhicule anachronique, le temps était en suspension.

 

A peine deux ou trois champs de blé, deux ou trois rangées d’arbres aux couleurs d’or, que déjà ils dépassèrent le jardin potager du curé du village et parvinrent devant la mairie.

Les invités s’attendaient à une arrivée tonitruante, tel un saut en parapente mais la rencontre fortuite d’un couple de parachutistes accidentés et d’humeur mélancolique  avait eu raison de la témérité des mariés.

 

L’échange des alliances, breloques futiles ,étincelantes et précieuses , fut bref mais intense, un peu magique en somme.

Juste après, le nouveau mari put enfin étreindre son épouse au doux parfum de miel. Il adorait en effet la fragrance de son eau de toilette. Elle le rendait fou d’amour et chaque apparition du flacon réveillait cette  potion érotiquement odorante.

 

L’apéritif fut pris sous les tonnelles dans une rare harmonie au point qu’une abeille certainement attirée par les nombreux bouquets de fleurs des champs, vint piquer l’un des témoins. Celui ci se mit alors à éternuer joyeusement, nul ne sait encore aujourd’hui pourquoi.

 

Le repas fut enjoué et la soirée festive. On but raisonnablement d’abord, puis joyeusement ensuite, on fit la java, on guincha entre les rires des enfants, on but encore , personne ne sait plus exactement quel breuvage, mais qu’importe. Certains paraît-il virent même passer un troupeau d’éléphants plus ou moins roses, signe que la fin de la soirée  allait être bien floue pour quelques âmes.

 

Vers 5 heures, les jeunes mariés sortirent sur la terrasse et s’étreignirent à nouveau dans la fraîcheur de l’aube naissante. Malgré d’inévitables effluves d’odeur corporelle après toutes ces danses endiablées, la jeune mariée sentit  la peau épicée  de son époux. Et pendant que les invités remplissaient le livre d’or de  41 mots précieux, ils se blottirent l’un contre l’autre en regardant les milliers d’astres dans le ciel, pareils à des reflets argentés sur une mer d’encre.

 

Ils eurent alors une pensée pour ceux qu’ils aimaient vraiment et qui n’étaient pas là pour partager leur union. Ce traumatisme , tout à coup perfidement installé dans leurs pensées  , les rapprocha d’autant plus .

Ils s’embrassèrent longuement sur la bouche en priant pour que la lune ne tombe pas pour complicité d’envol…

 

Si vous avez aimé ce texte, peut être aimerez vous : On jette les " D"

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 16:39

glacierDeuxième épisode du challenge des mots imposés : aujourd'hui la lettre D.

 

Les mots à placer sont : déclin-dévorer-désespoir-daube-diamant-diplomatique-démon-danse-druide-divin-désamour-désir-déliquescence-diatribe-dalle.


Voici mon texte.

 

 

 

 

 

S avait quitté le refuge et sa douce quoique relative chaleur  peu avant le déjeuner.

Il laissait derrière lui l’odeur suave de la daube concoctée par le gardien dans une grande marmite en cuivre qui lui faisait penser à celle utilisée par le druide d’Astérix pour élaborer la potion magique dont S aurait bien eu besoin.

 

Aujourd’hui il n’était pas question pour lui d’explorer les cascades de glace ni même d’escalader les dalles granitiques et lisses, roches bien dures, heureusement parsemées de fissures et d’aspérités, comme peut l’être la vie. Non aujourd’hui, en ce jour d’octobre flamboyant, il entreprit la courte marche d’approche pour rejoindre le glacier d’Argentière et y pénétrer afin de profiter du divin spectacle qu’il proposait à ceux qui osaient s’aventurer en son antre.  Ceux là seuls pouvaient en effet profiter de la danse chaotique et sonore du monstre de glace.


Certes, vu depuis la vallée, le déclin du glacier ne lui conférait plus la même aura que par le passé…un peu comme S vis à vis de son épouse, Louise, dont l’amour tombait quelque peu en déliquescence depuis le printemps dernier.


Louise était celle qu’il aimait depuis si longtemps et celle pour qui il avait toujours autant de désir malgré les années, la routine, les habitudes, la raison…celle à qui il devait tant.


Oui mais voilà, était-ce le fameux démon de midi, depuis qu’il avait croisé le regard pur d'Ariane, il se sentait dévoré par un double sentiment qu’il ne pouvait expliquer mais son auteur préféré disait que « le Larousse s’arrête là ou le cœur commence ».


Louise était en quelque sorte celle qu’il avait attendu depuis toujours, un diamant brut taillé pour lui, et Ariane était celle qu’il n’attendait plus, une œuvre d’art, belle, forte et vulnérable à la fois.


Depuis qu’il connaissait Ariane, ce n’était pas une période de désamour qui avait commencé mais bien une période d’amour intense, forcément un peu diplomatique vis à vis des deux femmes mais toujours passionné.

Elles ne s’étaient jamais rencontrées et plus que tout au monde il voulait éviter ce face à face . Chacune connaissait l’existence de l’autre mais il voulait à tout prix empêcher de violentes diatribes entrecroisées.


En ce jour d’octobre flamboyant, S regardait le spectacle fascinant des moulins bleutés du glacier, au fond du gouffre abyssal causé par les crevasses béantes.

Louise était le sang dans ses veines, Ariane était l’oxygène de ce sang.

A ce moment précis de la journée, il sentait qu’il se laissait submerger par le désespoir et que seule la montagne sublime et dure pouvait comprendre ses tourments.

 

Si vous avez aimé ce texte, peut être aimerez vous: Petite histoire de H....

 

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